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Vendredi 15 février 2019

Autorité agricole


Il est bien sûr fini le temps de la corporation agricole, durant lequel les exploitants pouvaient prétendre régler eux-mêmes les affaires de la ferme France, ce temps où la légitimité de l’agriculteur était complète sur l’agriculture. Chacun reconnaît désormais que l’activité agricole n’est pas une bulle refermée sur elle-même, que la façon dont un agriculteur exerce son métier a des incidences sur les riverains, les consommateurs, les défenseurs des animaux, les industriels, et que ceux-ci ont donc voix au chapitre. Mais la réciproque n’est-elle pas vraie également ? Les agriculteurs n’ont-ils pas toute légitimité à se mêler des pratiques des consommateurs. Les caddies n’ont-ils pas, de la même façon, une incidence sur les rotations des agriculteurs, leur consommation de phytos, d’engrais, de gasole ? Les caddies n’ont-ils pas leur responsabilité, à coût constant, dans le dérèglement climatique, l’augmentation des usages de phytos ? Les agriculteurs pourraient adresser des messages simples aux consommateurs, ils ont l’autorité pour leur faire : « Variez davantage votre alimentation pour apporter de la diversité dans nos rotations » ; « Mangez davantage de légumineuses pour nous aider à consommer moins d’engrais dans les champs » ; « Acceptez de manger des pommes ou pommes de terres disgracieuses pour limiter notre usage de phytos ». Ces messages, simples, les agriculteurs auraient une vraie légitimité à les porter, et en le faisant, ils travailleraient autant pour leur intérêt que pour l’intérêt général.

Mathieu Robert



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