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Vendredi 19 février 2021

Bientôt dans le dur


Budgétairement parlant, il ne serait pas malhonnête de dire que le mandat de Julien Denormandie a été placé jusqu’ici sous le signe de l’aisance. Rappelons que Didier Guillaume et Stéphane Travert étaient venus aux congrès de la FNSEA avec de grands messages de proximité, mais surtout avec les poches vides et une mine contrite. Julien Denormandie, lui, aurait pu y aller très sereinement cette année, si un congrès avait pu se tenir normalement. La raison de ce revirement, tout le monde la connaît. La Covid-19 et ses mesures de confinement ont motivé le gouvernement à lancer un Plan de relance, dont 1 % est revenu au secteur agricole, probablement en partie grâce à l’entregent du jeune ministre à l’Elysée. Un exercice rêvé pour n’importe quel ministre : attribuer des subsides supplémentaires à des filières qui n’avaient d’ailleurs pas toutes été mises en difficulté par la crise. Avec cet argent, le jeune ministre a pu donner vie à des projets qui dormaient depuis longtemps dans les placards de la Rue de Varenne. Mais la suite du mandat de Julien Denormandie pourrait se corser. Son prochain rendez-vous budgétaire est loin d’être aussi aisé. Il s’agit du Plan stratégique national (PSN), la déclinaison française de la Pac. L’exercice ? Répartir un budget stable à des filières dont beaucoup connaissent des difficultés croissantes du fait de la libéralisation et du changement climatique. Le dossier a déjà fait des étincelles au sein de la FNSEA. Julien Denormandie sait qu’il fera des déçus. Bref, on entre dans le dur.

Mathieu Robert



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