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Vendredi 22 janvier 2021

Chapelles


Certes, il y a un an, lors du dernier Salon de l’agriculture, les quatre principaux syndicats agricoles français s’étaient mis d’accord pour adresser au Premier ministre une position commune dans la négociation du budget de la prochaine Pac. De la Conf' à la CR, on plaidait ensemble pour un budget fort, une position bien française. Mais dès qu’il s’est agi de décider ce que l’on ferait de ces enveloppes, de vrais désaccords se sont fait jour. Pour preuve les positions prises actuellement sur la déclinaison française de la future Pac, le PSN. Le fossé le plus évident est celui qui sépare la Confédération paysanne de la CR et de la FNSEA ; le syndicat paysan réclame le transfert budgétaire maximum du premier vers le second pilier, quand les autres souhaitent le statu quo. Même le Modef n’est pas favorable à ce grand transvasement, lui qui défend bec et ongle les aides couplées animales. Certes la CR et la FNSEA s’accordent globalement pour une forme de stabilité dans l’équilibre des enveloppes ; mais la CR manifeste une défiance systématique envers toutes les aides transitant par des opérateurs autres que les agriculteurs (assurance privée, HVE, programmes opérationnels…), là où la FNSEA fait montre de davantage de confiance. En somme, de vraies différences perdurent. Les chapelles ont de beaux jours devant elles. Et l’on ne parle ici que d’un exercice très contraint, celui d’appliquer la réforme de la Pac telle que voulue par les pouvoirs publics. Ne parlons pas des Pac dont rêvent ces mêmes organisations, des mondes les séparent.

Mathieu Robert



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