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Vendredi 04 janvier 2019

Débat : comment les syndicats définissent le rôle des chambres


Un grand oral sur notamment le rôle et les missions des chambres d’agriculture a réuni les syndicats le 19 décembre à l’initiative de l’Afja (Association française des journalistes agricoles). Leur vision a été présentée par Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, Jean Mouzat, président du Modef, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.


Le rôle des chambres doit suivre l’évolution de l’agriculture, a indiqué en introduction Jérémy Decerle. Il s’agit de s’adapter aux nouveaux profils des jeunes à l’installation. Également de proposer de nouveaux outils pour « accompagner de manière personnalisée les cédants » au moment de la transmission.

Christiane Lambert a noté que la proximité est « un mot-clé très fréquemment évoqué par les agriculteurs » à propos des chambres. Leur attente porte aussi sur la réactivité, selon elle. Par ailleurs, « les chambres auront besoin probablement de se réorganiser, pour raisonner moins en silo » : beaucoup sont organisées avec des pôles animal, végétal, aménagement, entreprise. « Il faudra de la transversalité, a estimé la patronne de la FNSEA. L’évolution de la société l’appelle, les politiques publiques et la politique européenne aussi. »

« Chaque chambre doit garder son caractère »

« Transparence et accessibilité à tous », c’est sur ce thème qu’a insisté Bernard Lannes. « Quand je vois que pour aller voir le juriste de la chambre d’agriculture, il faut que je passe par un juriste de la fédé, moi ça me gêne », a-t-il taclé. Dénonçant une régionalisation « à marche forcée », le président de la CR s’est toutefois dit d’accord avec la mise en commun de moyens dans certains domaines comme la comptabilité, la gestion. Mais « chaque chambre doit garder son caractère à travers les hommes et les femmes qui la gouvernent », d’après lui.

Jean Mouzat a souhaité des « réunions participatives » avec tous les syndicats présents sur le territoire, qui leur permettent d’agir sur le développement de l’agriculture. Cela concerne l’agroécologie : « Nous avons, au-delà de nos divergences, un travail à faire ensemble au service des agriculteurs et des consommateurs. »

Une « faillite » dans la mission des chambres est qu’« elles sont de moins en moins de proximité », a estimé Laurent Pinatel. « Dans les fermes, ceux qui passent, c’est surtout des techniciens de grandes firmes », selon lui. « Il manque des techniciens (de chambre) qui soient sur le terrain et qui accompagnent. »

Quelle tarification

Reste le problème de la tarification des services. « Ce qu’on avait gratuit à la DDT, on l’a maintenant payant dans les chambres », a critiqué Bernard Lannes. L’idée de la Conf’ est d’« avoir un maximum de services gratuits auprès des paysans » : là où l’expertise des chambres doit être facturée, c’est pour les collectivités, selon Laurent Pinatel. Aux yeux du Modef, les chambres d’agriculture doivent être « un service public gratuit » jusqu’à un certain « quota » par exploitant. Christiane Lambert a, elle, rappelé que des priorités leur sont fixées par les élus. Dans bien des cas, l’installation des jeunes en est une, avec à la clé des tarifs gratuits ou le moins cher possible.

JCD