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Vendredi 25 octobre 2019

Désaccord mets vins


La filière viticole occupe une place singulière dans le paysage agricole français. L’une de ses particularités est qu’elle dégage un excédent commercial colossal (+11,4 milliards d’euros en 2017, spiritueux compris), pour un chiffre d’affaires d’environ 40 milliards (spiritueux compris). Cela la situe loin devant les céréales (+4 milliards) et les fromages AOP (+1,2 milliard). Et cela signifie que, contrairement à beaucoup de grandes filières agricoles françaises, la viticulture baigne comme un poisson dans l’eau dans les marchés internationaux, sûre de ses atouts, malgré les écarts de mode de production, de coût du travail. Difficile alors de donner pleinement crédit aux discours du syndicalisme majoritaire lorsqu’il tente de faire parler d’une voix commune toutes les productions, du vin à la viande, en passant par le sucre, pour s’opposer aux accords de libre-échange Ceta et Mercosur. Certes, toutes les filières françaises peuvent s’entendre pour dénoncer en chœur les distorsions de concurrence. Mais en pratique, certaines les supportent beaucoup mieux que d’autres. Du vin à la viande, il y a là un écart notable. C’est ce que viennent nous rappeler la récente affaire Airbus et les mesures de rétorsions annoncées par la Maison Blanche : la filière vin (même si elle n’est pas monolithique) est intimement liée à l’ouverture des marchés, en particulier à la question douanière. Et sur cette question comme tant d’autres, il est toujours très difficile pour la Ferme France d’exprimer une stratégie commune.

Mathieu Robert



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