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Vendredi 17 janvier 2020

« Drôle de guerre »


En amont de sa tenue à partir du 21 janvier, le Forum de Davos nous apprend que les principaux dirigeants d’entreprises à travers le monde mettent les questions de climat en tête de leurs préoccupations. Cette partie du monde que constituent les grandes entreprises souhaiterait donc « atterrir », comme l’avait adroitement formulé le philosophe Bruno Latour dans son ouvrage paru en 2017. Atterrir, c’est-à-dire, se mettre en adéquation avec les capacités productives réelles du système Terre, dont nous faisons partie. Les multinationales n’ont probablement pas intérêt à un envenimement du changement climatique, cette nouvelle « drôle de guerre », comme l’appelle aujourd’hui Bruno Latour, ce conflit d’un type nouveau, passif, où il n’est plus besoin d’agir pour agresser son voisin, mais où il suffit simplement de ne rien faire pour que la saison des feux dégénère en Australie. Il faut désormais espérer que les grandes entreprises de Davos, dont les pouvoirs égalent bien des États, vont proposer du concret. C’est-à-dire de l’argent et des investissements. Pas de morale ici. Elles y ont intérêt pour espérer payer moins aujourd’hui que ce qu’elles devraient demain régler en dommages ou en réparations. Car il faudra bien trouver les termes d’une paix à cette guerre climatique. C’est-à-dire déterminer quels sont les nouveaux droits de chacun, qui est responsable des dommages survenus et surtout… qui paie.

Mathieu ROBERT



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