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Vendredi 18 janvier 2019

Du glyphosate à l’homéopathie


Les effarantes révélations de plagiat à l’Institut fédéral d’évaluation des risques (BFR) nous rappellent à une urgence : rétablir au plus vite la crédibilité des agences sanitaires à travers le monde, en leur confiant des moyens renforcés et en établissant des frontières claires en recherche publique et privée. Il y a urgence car la récurrence de ce type d’affaires nourrit toutes sortes de défiances ; oui, il faut être critique, car il existe bel et bien de la bonne et de la mauvaise science ; les erreurs, les fautes, les biais sont humains et la science est une pratique humaine. Mais les organisations scientifiques (agences, revues, académies, groupements…) devraient être au-delà de tout soupçon de mauvaise science, car elles représentent ce que la rationalité peut faire de mieux, l’ultime recours. En l’absence de cette référence solide, on s’expose aveuglement à toutes sortes de dangers ou de fantaisies. Parmi ces dernières, l’homéopathie, qui se développe en élevage, avec la complicité de l’Itab et d’écoles vétérinaires. Derrière l’homéopathie, aucune observation statistique d’efficacité, aucun mécanisme sérieux avancé. Rien. Et ce fut confirmé une nouvelle fois par le Conseil scientifique des Académies des sciences européennes (EASAC) en 2017. Mais d’aucuns pensent qu’il existe encore une controverse scientifique sur le sujet, que la vérité est ailleurs ou à venir. En attendant, ils dépensent de l’argent dans des produits dont toute rationalité leur dit qu’ils sont inefficaces...

Mathieu Robert



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