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Vendredi 12 février 2021

En attendant les pattes d’eph'


Michel-Edouard Leclerc a surpris son monde, il y a quelques jours, en demandant au gouvernement d’instaurer des « prix minimums » pour le secteur agricole. Quoi que l’on pense de la sincérité de cette proposition, elle jette une lumière nouvelle sur les politiques de régulation des prix agricoles de la dernière décennie. Leur élément fondateur, c’est bien sûr la crise laitière de 2009. Il y a douze ans, la détresse des éleveurs français jaillissait soudainement sur les écrans des Français, dont beaucoup s’intéressèrent soudainement à leurs revenus. Depuis lors, c’est le branle-bas de combat dans les hémicycles ! Face à l’émoi des Français, les parlementaires ont révisé presque chaque année les codes rural et commercial. Ce que Bruxelles avait défait en dérégulant les volumes, Paris le referait en structurant les OP, en encadrant les prix. Sauf que malgré Omnibus, le droit européen est resté un vrai obstacle. Et le législateur commence à manquer d’imagination. C’est dans ce contexte, dix ans plus tard, que Michel-Edouard Leclerc met les pieds dans le plat en proposant tout simplement d’instaurer des "prix minimums", autrement la bonne vieille "paie de lait". Facile à dire, mais une telle mesure est à aller chercher à Bruxelles. Et puis politiquement, elle ressemble beaucoup à la France des années soixante-dix, à des années-lumière des politiques bruxelloises. Alors que faire ? Guetter le retour des pattes d’eph' dans les couloirs de la Commission européenne ? Qui sait ? Après Trump et le Covid… Il faut s’attendre à tout.

Mathieu Robert



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