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Vendredi 11 décembre 2020

Fermes-usines et usines agricoles


Le concept de ferme-usine est le plus souvent galvaudé. Si l’on se réfère à la main-d’œuvre, et non au nombre d’animaux – la ferme des 1 000 vaches n’emploie pas plus d’une vingtaine de salariés – le terme de manufacture ou d’atelier est peut-être proche de la réalité. On est ici à des années-lumière des usines Peugeot-Montbeliard ou Michelin-Clermont Ferrand. Soit dit en passant, ces usines, dans lesquelles ont travaillé beaucoup d’agriculteurs, ouvriers agricoles, d’enfants d’agriculteurs, ne mériteraient-elles pas, elles, de s’appeler des usines agricoles ?

En fait, l’image de la ferme-usine peut prendre son sens lorsque l’on s’intéresse au degré de spécialisation de la main-d’œuvre. La ferme de la Somme a probablement été la première en France à organiser une traite en continue assurée par des salariés exclusivement dédiés à cette tâche. En cela, elle a sûrement poussé la spécialisation et l’absence d’autonomie dans le travail à un degré où l’élevage laitier français n’était pas encore allé.

En faisant cela, la ferme des 1 000 vaches tentait de résoudre par la taylorisation, un vrai problème, celui de la charge mentale et du volume de travail des agriculteurs. Un problème central de l’élevage laitier français, et qui augmente à mesure que les troupeaux grandissent. Le patron des 1 000 vaches prévenait qu’à partir d’un seuil de 200 vaches, l’organisation d’une étable devient un vrai casse-tête. Après dix ans d’hostilité, le gouvernement est venu à bout de la « ferme-usine ». Mais que propose-t-il à la place ?

Mathieu Robert



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