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Vendredi 06 juillet 2018

La Conf’veut « redonner du sens » à la mise à mort grâce à l’abattage mobile


La Confédération paysanne se félicite de l’intégration dans le projet de loi Egalim de l’expérimentation de l’abattage mobile. En effet, une partie des éleveurs veulent se réapproprier l’acte de mise à mort de leurs animaux en lui redonner du sens, ce que peut, selon la Conf', permettre l’abattage mobile.


L’adoption de l’article permettant l’expérimentation d’abattoirs mobiles sur le territoire dans le cadre de la loi Agriculture et Alimentation réjouit la Confédération paysanne, plume de cet amendement. Cet article vise à « redonner du sens à l’abattage paysan » et ne pourra « pas être remis en cause » dans la suite du processus législatif, analyse Nicolas Girod, secrétaire national du syndicat lors d’une conférence de presse le 5 juillet. Le principal argument développé de ce rendez-vous avec la presse a été la « bientraitance animale », car il serait plus logique « de transporter des carcasses plutôt que des animaux ! », remarque Émilie Jeannin, éleveuse en Côte d’or et porteuse du projet « Le bœuf éthique ». Ce qui l’a décidée, c’est la « violence de se laisser déposséder de l’acte de mise à mort ».

Désindustrialiser

Dans la même logique, Guylain Pageot, éleveur en Loire-Atlantique, porte un projet d’abattoir mobile dans le but de redonner du sens à la mise à mort qui « serait un acte plus simple à assumer en connaissant les conditions d’abattages des animaux ». Conditions qui semblent aujourd’hui opaques pour de nombreux éleveurs. Prônant la « désindustrialisation de l’agriculture », il lui semble alors logique que les outils d’abattages soient « à la taille des élevages ». Ce que confirme Nicolas Girod pour qui les abattoirs mobiles sont la « continuité des élevages qui nous ressemblent ».

Des outils déjà utilisés chez nos voisins

Les projets en cours de réflexion dans le cadre du syndicat sont de trois formes. Première possibilité : comme pour le « bœuf éthique », un camion d’abattage peut se charger des étapes qui vont de la mise à mort à la réfrigération des carcasses. La découpe et le conditionnement des viandes se font ensuite dans un abattoir de proximité. Ce dispositif existe déjà en Suède depuis 2014. Deuxième possibilité : des caissons d’abattage, ainsi qu’utilisés en Allemagne ; ce sont des petites unités telles que des remorques, réalisant uniquement la mise à mort à la ferme. Puis la carcasse en peau est transportée jusqu’à l’abattoir de proximité. Dernière alternative : les modules d’abattages mobiles, adossés à des ateliers de découpes, opèrent l’ensemble des étapes de l’étourdissement et la saignée jusqu’au ressuage des carcasses. Solution particulièrement adaptée dans les territoires où d’importantes distances séparent les exploitations agricoles.

Les abattoirs de proximités comme pierre angulaire

« Ces abattoirs mobiles sont très liés aux abattoirs de proximité, qu’il faut défendre dans leur globalité », assure Olivier Bel, administrateur de la Fédération des associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (Adear) qui soutient ces projets. Finalement, c’est « un service en plus » que les abattoirs de proximité pourront proposer, confirme Nicolas Girod. Une différenciation des produits par le mode d’abattage pourrait bien être la prochaine étape.

Il serait plus logique « de transporter des carcasses plutôt que des animaux ! »

AJ



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