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Vendredi 03 mai 2019

La FNSEA présente son projet de paiements pour services environnementaux


Le syndicat majoritaire accélère sur les PSE, et lance une solution « clé en main » pour des contrats locaux entre agriculteurs et collectivités ou entreprises.


La FNSEA a présenté devant la presse, le 25 avril, Epiterre, un programme d’accompagnement des agriculteurs et des « acteurs privés ou publics » souhaitant signer des contrats de paiements pour services environnementaux (PSE) en « faveur de la biodiversité ». Il prendra la forme d’un « guichet unique », s’appuyant sur le réseau territorial du syndicat, et proposera des projets de PSE « clé en main » aux intéressés.

Ces paiements pour services environnementaux permettront à des acteurs publics ou privés (associations, entreprises, collectivités…) de rémunérer un agriculteur pour des actions qu’il réalise en faveur de l’environnement, soit parce que ces acteurs en « bénéficient directement », soit parce qu’ils les valorisent dans le cadre d’une démarche RSE.

Un exemple de projet cité par le syndicat : les éoliennes. « Au lieu de compenser la construction d’éoliennes avec des jachères, et perdre de la surface agricole, les promoteurs pourraient faire appel à des agriculteurs qui aménageraient des dispositifs naturels propices à la biodiversité autour des turbines », propose la FNSEA.

Un conseil scientifique pour évaluer les résultats

« Il s’agit d’un aboutissement, après des années de réflexion. Nous voulons montrer que les agriculteurs s’engagent pour la biodiversité », commente la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. Des objectifs chiffrés, basés notamment sur les données de l’observatoire agricole de la biodiversité, seront définis dans les cahiers des charges de chaque contrat. Les résultats seront, à terme, évalués par un conseil scientifique.

Le lancement de ce projet n’est en tout cas pas anodin : le syndicat majoritaire compte attirer vers son propre programme les 150 millions d’euros promis par le gouvernement, dans le cadre du Plan Biodiversité, pour développer les paiements pour services environnementaux.

Agir avec les agriculteurs sans contrainte extérieure

Pour le moment, la nature des projets qui seront financés par cette enveloppe, débloquée sur les budgets des agences de l’eau, n’est en effet pas réellement connue. Seule certitude : cette somme doit être mobilisée d’ici 2021 pour rémunérer les agriculteurs ayant un impact positif sur la protection de l’environnement.

« Si l’on veut utiliser cet argent intelligemment, il faut le faire avec les agriculteurs, sans imposer des contraintes extérieures. Les agriculteurs sont les premiers garants de la nature », défend la FNSEA. Pour ce programme, le syndicat majoritaire s’est allié à Imagin’Rural, une association qui accompagne des agriculteurs dans des « projets durables ».

La FNSEA compte attirer vers son propre programme 150 millions d’euros dans le cadre du Plan Biodiversité

Biodiversité : Coop de France Déshydratation veut un PSE luzerne de 200 €/ha

Coop de France Déshydratation a plaidé le 29 avril pour un PSE (Paiement pour services environnementaux) luzerne de 200 €/ha, à l’occasion de l’ouverture à Paris de la session plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). « La luzerne est une des réponses durables à l’érosion de la biodiversité », soutient un communiqué de la fédération pour qui « un PSE luzerne de 200 €/ha permettrait de pérenniser la culture et ses bénéfices » face à une telle problématique. Et de rappeler que la production concerne 65 000 ha en France, des surfaces « menacées de disparition en raison d’un déficit de compétitivité avec les autres cultures ». Une étude menée en 2009 et 2010 par Coop de France Déshydratation, avec des associations de protection de l’environnement et sous l’égide du Muséum national d’Histoire naturelle, montre que « les populations d’oiseaux, de papillons ainsi que la production de miel sont très nettement supérieures dans les champs de luzerne aménagés (de 2 à 10 fois plus d’oiseaux des plaines et de papillons et des ruches 2 fois plus productives) », selon le communiqué.

FC



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