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Vendredi 11 janvier 2019

La Fontaine


Les représentants agricoles se font souvent l’écho d’une trop faible reconnaissance de la société pour leur travail, que ce soit au travers des prix, des politiques publiques ou de simples conversations de voisinage. Et l’on sait, notamment par les travaux du géographe Hervé Le Bras, que ce manque est d’autant plus mal vécu que les agriculteurs sont de plus en plus minoritaires dans la société, en particulier dans les petites communes rurales où ils vivent le plus souvent, et où ils étaient autrefois majoritaires. La population agricole continuant de décroître, il y a fort à parier que cette situation devrait perdurer, voire s’accentuer. Ce phénomène qui les touche intimement variant beaucoup d’un individu à l’autre, expose d’abord les agriculteurs aux sentiments les plus noirs, mais aussi – c’est peut-être moins grave – à un danger vieux comme le monde : la flatterie. « Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », avertissait La Fontaine. En somme, méfiez-vous des flatteries, avertit le poète, elles consolent mais n’ont pas pour but d’être justes. Elles risquent d’être tout aussi mal fondées et stériles que leurs équivalents contraires : les critiques faciles et systématiques. Pour l’agriculture, le meilleur moyen de retrouver de la reconnaissance de façon pérenne, c’est, comme l’illustre le récent travail d’Anne-Claire Vial sur l’innovation, de se mettre en recherche – grâce à la science – des moyens de servir l’intérêt général. C’est un travail incontournable, souvent déroutant, mais passionnant.

 

Mathieu Robert



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