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Vendredi 10 mai 2019

Le mystère de la céréale complète


C’est tout de même un vrai mystère de ne jamais voir la sous-consommation de céréales complètes faire la une des médias grand public. Certes, au premier abord, le sujet peut paraître anodin, voire léger – bobo, diront même certains. Mais à l’échelle mondiale, c’est l’un des principaux facteurs de mortalité liée à une mauvaise alimentation. En Europe de l’ouest, c’est même le premier, selon une étude parue dans la revue The Lancet en avril, conduite sur trois grandes maladies (cardio-vasculaires, diabète de type 2, cancer). Premier, devant la sur-consommation de sel, la sous-consommation de fruits, de légumes. Et surtout, très loin devant la sur-consommation de viande rouge. La sous-consommation des céréales complètes est en tête des risques alimentaires aux États-Unis, en Inde, au Brésil… En 2017, ne pas manger assez de céréales complètes aurait causé la mort de 2 à 4 millions de personnes à travers le monde. Pourtant, seuls les médias spécialisés en nutrition et santé semblent s’en préoccuper. Alors, pourquoi la presse généraliste n’en parle-t-elle pas, ou si peu ? Peut-être parce que dans cette affaire, il ne semble pas qu’il y ait eu d’informations cachées – le constat est connu depuis longtemps – ou d’intérêts privés diamétralement opposés à l’intérêt général – il n’est pas question de diminuer drastiquement les volumes de céréales vendus, simplement de modifier leur transformation. Il y a simplement un long travail de pédagogie à mener, et ne serait-ce pas à la filière céréalière de s’en emparer la première ?

Mathieu Robert



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