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Vendredi 12 juillet 2019

« Le point noir, ce sont les plans stratégiques de la Pac »


Nouvellement élu, le 28 juin (1), vice-président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), le Français Samuel Masse, viticulteur bio dans l’Hérault, espère, lors de son mandat, ouvrir cette organisation vers d'autres mouvements. Deux gros dossiers vont aussi l’occuper : la future Pac, avec le risque d’une renationalisation de cette politique, et l’accord de libre-échange que vient de signer la Commission européenne avec le Mercosur.

Vous venez de rejoindre le bureau du CEJA pour un mandat de deux ans. Quels sont les objectifs que vous vous fixez dans cette mission ?

Samuel Masse : Dans le contexte actuel, les agriculteurs sont souvent stigmatisés et les consommateurs expriment un manque de confiance dans nos pratiques. Nous souhaiterions, au-delà de notre travail auprès de la Commission ou du Parlement européen, nous inscrire plus largement dans les mouvements européens de la jeunesse comme les récentes mobilisations sur le climat. Nous espérons également nous rapprocher des ONG. Il faut que nous fassions preuve de plus de transparence sur nos pratiques pour lutter contre l’agribashing.

Les négociations sur l’avenir de la Pac vont s’intensifier dans les prochains mois. Sur quels aspects de la négociation serez-vous le plus vigilants ?

Pour nous, le point noir ce sont les plans stratégiques. Nous avons peur que cette nouvelle Pac dans laquelle nous allons entrer perde son caractère commun et qu’il y ait beaucoup de concurrence déloyale entre les agriculteurs européens. Nous avons déjà alerté nos organisations au niveau national pour qu’elles suivent de très près ce qui se prépare. Et bien sûr nous allons continuer de plaider pour renforcer au maximum les aides de la Pac en faveur de l’installation de jeunes agriculteurs. La proposition actuelle d’un soutien dans le cadre du premier pilier de 2 % au minimum pour les nouveaux entrants est déjà une très bonne chose même si nous avions demandé que cette enveloppe soit doublée.

La Commission européenne vient de conclure un accord commercial avec les pays du Mercosur qui comprend un certain nombre de concessions dans le secteur agricole (bœuf, sucre, éthanol…). Comment le Ceja se positionne-t-il sur cette question ?

Sur ce dossier, il y a encore besoin de discuter au sein du CEJA où cohabitent différents courants de pensée. L’objectif est quand même d’arriver à trouver une position commune de compromis entre les pays du Nord de l’UE plutôt favorables aux accords de libre-échange et ceux du Sud plus réticents.

(1) Voir n° 3700 du 08/07/2019

(AG)