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Vendredi 23 novembre 2018

Les Agences de l’eau alertent sur leurs capacités financières


Alors que les Assises de l'eau vient de débuter, les Agences de l’eau ont présenté à Lyon, le 15 novembre, leur plan pour s’adapter au réchauffement climatique, dans un contexte budgétaire qu’elles estiment serré.


Lors de leur colloque national du 15 novembre au Centre des congrès de Lyon, les représentants des six agences de l’eau françaises ont profité de cet évènement, réunissant plus de 800 acteurs de l’eau, pour présenter leurs plans d’adaptation au réchauffement climatique, alors que la seconde séquence des Assises de l’eau, dédiée à cette question, vient de débuter. Les agences ont notamment mis le doigt sur le problème de la « raréfaction en eau », à laquelle elles affirment se « préparer ».

Elles prévoient ainsi de consacrer 3 milliards d’euros en six ans, soit 500 millions par an, pour des opérations contribuant à l’adaptation au réchauffement climatique. Ces montants ont d’ores et déjà été prévus dans les programmes d’intervention 2019-2024, votés au sein de chaque agence ces derniers mois.

Les paiements pour services environnementaux, toujours à l’ordre du jour

Une grande partie de ces fonds devrait servir à financer des opérations en faveur « du partage de l’eau, de la gestion équilibrée de la ressource », selon Laurent Roy, directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. La question de l’économie de la ressource sera également au centre des dispositifs.

Ces investissements devraient notamment financer « la lutte contre les fuites » et « la mise en place de systèmes d’irrigation efficaces » selon l’élu. « Nous voulons trouver des solutions innovantes, tout en donnant plus de place aux milieux naturels – nappes, milieux humides – leur permettant de jouer leur rôle normal dans le cycle de l’eau », précise-t-il.

Ces fonds vont également servir à expérimenter les paiements pour services environnementaux aux agriculteurs, une mesure prévue dans la loi Biodiversité, à hauteur de 150 millions d’ici 2021. « Ces expérimentations sont toujours à l’ordre du jour. Cela va être mis en œuvre, nous allons tenter de le concrétiser », a ainsi promis François De Rugy, présent lors du colloque.

Les Agences de l’eau alertent sur leurs budgets en baisse

Cet effort budgétaire se fait dans un contexte global de diminution drastique des ressources, ont alerté les Agences de l’eau. À titre d’exemple, le budget de l’agence Seine Normandie devrait passer de 4,3 milliards d’euros pour son 10e programme à 3,8 milliards pour son 11e programme, qu’elle a adopté en octobre.

Des diminutions de budget qui interviennent alors que les missions des Agences de l’eau se multiplient. Elles doivent par exemple payer une grande partie de la politique en faveur de la biodiversité, via un financement de l’Agence Française pour la biodiversité. Les Agences ont d’ailleurs partagé leurs inquiétudes auprès du ministre de la Transition écologique, François De Rugy, concernant la fusion entre cette instance et l’ONCFS (Office nationale de la chasse et de la faune sauvage).

« Nous ne paierons pas la baisse du permis de chasse »

« S’il ne nous appartient pas de juger cette réforme, nous souhaitons être rassurés sur le fait qu’on ne paiera pas la baisse du permis de chasse », a prévenu Martial Saddier, président du Comité de Bassin Rhône Méditerranée. François De Rugy a assuré que, pour 2019, les Agences de l’eau ne paieraient pas cette baisse, sans préciser si cela serait le cas pour les années suivantes.

Les Agences de l’eau ont par ailleurs vivement critiqué le « plafond mordant », mis en place par Bercy en septembre 2017. Cette réforme fixe une limite budgétaire annuelle maximale de 2,1 milliards d’euros pour le budget de chaque agence, au-delà de laquelle l’État récupère les recettes.

« Nous devons ouvrir le débat du financement de nos nouvelles missions sans quoi on sera dans l’incapacité de réussir ensemble », ont ainsi pointé les Agences, qui demandent également un « statut juridique ».

Stockage de l’eau : François De Rugy appelle au « dialogue »

Présent au colloque des Agences de l’eau, le ministre de la Transition Écologique François De Rugy a appelé au « dialogue au sein des comités de bassins » pour répondre aux demandes des agriculteurs sur le stockage de l’eau. Face aux conséquences du réchauffement, la solution passe « par une part de stockage et de réserves d’eau », a-t-il concédé. Il a toutefois affirmé sa volonté de « s’éloigner du traumatisme de Sivens », en freinant les grands projets de retenue d’eau. « Tout le monde devra faire preuve d’adaptation, et je le dis aux agriculteurs : on ne peut pas continuer comme avant certaines cultures très consommatrices d’eau », a-t-il conclu.

FC



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