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Vendredi 22 juin 2018

Éleveurs et élus des différents massifs de France lancent la Fédération nationale de défense du pastoralisme


Une nouvelle assemblée regroupant des bergers, des scientifiques et des élus voit le jour. Baptisée Fédération nationale de défense du pastoralisme, elle veut sensibiliser le public aux atouts du pastoralisme, et défendre un élevage en plein air fragilisé par la présence du loup et de l’ours dans l’Hexagone.


La Fédération nationale de défense de pastoralisme (FNDP) annonce en Lozère son lancement officiel le 24 juin. Elle regroupe des éleveurs, des bergers, des élus et des scientifiques convaincus de « l’impossible cohabitation des troupeaux et des grands prédateurs ». Issus de tous les massifs de l’Hexagone, ils plaident pour une régulation sévère des loups. Mélanie Brunet, coprésidente de l’association, souligne qu’il ne s’agit pas d’un mouvement syndical ni politique. « Notre objectif est de combler le fossé qui se creuse entre la ville et la campagne sur les sujets de la biodiversité, et notamment de la prédation, dit-elle en insistant sur la déconnexion entre les urbains et la réalité du pastoralisme sur le terrain. Ils s’intéressent davantage au bien-être animal, pourtant ils ignorent qu’en 2017, le loup a fait 12 000 victimes dans nos troupeaux. »

La notion de biodiversité fait débat

À ceux qui prônent la défense du loup au nom de celle de l’environnement, Mélanie Brunet assure qu’à la FNDP aussi les membres sont des environnementalistes. « J’élève des brebis dans un système bio, justifie-t-elle. Nous travaillons en extensif, les ovins jouent un rôle dans la biodiversité, mais le loup menace cet équilibre. » Pour la FNDP, vivre avec le loup relève donc de l’impossible. Elle estime que 92 % des troupeaux attaqués sont pourtant protégés. Une protection qui, d’ailleurs, crée des tensions dans les mairies, car la présence des chiens de défense comme le patou est un risque pour les promeneurs, qui relève de la responsabilité du maire. « Pour couvrir les 360 loups recensés dans l’Hexagone par le ministère de la Transition écologique, il y a 8 000 chiens », avance Mélanie Brunet. Mais y a-t-il vraiment 360 loups dans le pays ? La FNDP en doute, et considère que les méthodes de comptage du ministère ne sont pas les bonnes. « Elles dépendent en partie d’un recensement des traces dans la neige, explique Mélanie Brunet. Certes, il y a eu un bon enneigement dans les massifs cette année, mais nous savons aussi que le loup progresse vers des régions où il y a peu de neige. »

Des bouteilles jetées à la mer

Au-delà des actions de communication, la fédération veut rassembler les éleveurs victimes d’attaques, afin d’avoir plus de poids face au gouvernement. Cela va dans la continuité d’actions déjà menées ces derniers mois. En janvier dernier, Mélanie Brunet faisait partie de la délégation des Territoires à l’origine d’une tribune opposée au plan loup. Signée par 900 personnes, dont 44 parlementaires et 300 élus locaux, elle a été remise à Emmanuel Macron lors du dernier salon de l’Agriculture. Le 18 avril, un recours gracieux a également été déposé au ministère de l’Agriculture par 27 départements réunis. « Nous n’avons reçu aucune réponse, s’insurge Mélanie Brunet. Même pas un mot pour signifier que notre demande a bien été reçue. Avec notre avocat, nous allons donc passer au recours contentieux. » Le plan du gouvernement vise une population de 500 loups d’ici 2023, et autorise un abattage maximum de 40 loups en 2018.

« Les citadins s’intéressent au bien-être animal, pourtant ils ignorent qu’en 2017, le loup a fait 12 000 victimes dans nos troupeaux »

HC



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