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Vendredi 22 février 2019

Où va le mieux ?


Certains opérateurs imaginent déjà un marché agricole divisé en trois segments : le Bio, la HVE et l’ordinaire. Un horizon souhaitable en ce qu’il clarifierait l’acte d’achat et l’horizon des agriculteurs. D’abord, c’est aller peut-être un peu vite en besogne. Comme le rappelle l’Agence bio, la consommation de bio est motivée, pour 69 % des consommateurs par « la santé », suivi de « la qualité, le goût des produits » (58 %) et par une volonté de « préserver l’environnement » (56 %). Alors, certes, la méthode HVE est très prometteuse en matière de protection de la biodiversité – ce n’est pas un hasard si FNE la soutient – mais on ne sait rien d’éventuels bénéfices pour la santé humaine, ni de la façon dont elle sera perçue sur ce point par le consommateur. Or, le « résidu de pesticide » est une préoccupation montante, que prennent en charge frontalement d’autres démarches (« zéro pesticide » ou « zéro résidu de pesticides »). Bref, il y a fort à parier que la segmentation du « mieux » agricole ne sera pas seulement ternaire. Et quand bien même elle le serait, ce progrès en ordre dispersé donne l’impression d’un raté dans les politiques sanitaires et environnementales. Les budgets qui ont servi hier à développer la bio, demain la HVE, n’auraient-ils pas mieux servi l’intérêt général s’ils avaient été utilisés dans les évaluations des phytos par les agences d’évaluation sanitaire (Anses, Efsa, Circ…) ? De plus, en ne prenant pas le problème par la racine, en laissant en quelque sorte le marché décider plutôt que la science, on ne sait plus très bien où va le mieux.

Mathieu Robert



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