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Vendredi 04 octobre 2019

Phil Hogan, prochain commissaire au Commerce, gardera un œil attentif sur les enjeux agricoles


Les eurodéputés de la commission parlementaire du Commerce international ont approuvé, le 1er octobre à Bruxelles, la nomination de l’Irlandais Phil Hogan au poste de commissaire au Commerce.


Au cours d’une séance de trois heures devant les membres de la commission parlementaire du Commerce international, Phil Hogan, commissaire désigné au Commerce, a été confronté le 30 septembre à Bruxelles, à une série de questions intéressant notamment le secteur agricole. Au terme d’une audition qui n’a pas convaincu l’ensemble des députés, Phil Hogan a obtenu le lendemain, suit à un vote en réunion des coordinateurs politiques, la majorité requise des deux tiers.

Mercosur : un accord équilibré

Commissaire sortant à l’Agriculture, Phil Hogan a insisté dans son échange avec les eurodéputés sur le sérieux et l’importance de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. « C’est un accord pour lequel nous allons accomplir une analyse économique et une analyse d’impact en matière de durabilité y compris en 2020. Tous ces éléments seront disponibles, y compris les conséquences précises pour nos agriculteurs et les conséquences en matière de viabilité de nos entreprises, notamment pour les secteurs sensibles du bœuf, du sucre et de la volaille », explique-t-il. Et de poursuivre : « C’est la première fois que l’UE met en place un mécanisme de sauvegarde pour ces secteurs, et pour une période pouvant aller jusqu’à quatre ans ».

Il a également précisé d’une part que le principe de précaution était bien intégré dans l’accord Mercosur notamment pour les produits agricoles et d’autre part, qu’une aide de 1 milliard € destinée aux agriculteurs, a été mise de côté en cas de déséquilibre du marché. « Cette aide vise à rassurer les acteurs du secteur afin de répondre à certaines préoccupations sectorielles y compris lorsqu’une action défensive devait être envisagée qu’il s’agisse de la qualité des produits agricoles ou bien qu’il s’agisse de se doter d’instruments et moyens d’agir en cas de distorsion du marché », assure-t-il.

Réforme de l'OMC

Concernant la réforme de l’OMC, le commissaire irlandais explique que « l’UE est prête à collaborer avec les États-Unis ou tout autre partenaire afin de parvenir à une véritable réforme de l’OMC ». Tout en précisant que « l’UE n’a toujours pas le moindre signe en provenance de Washington qui indiquerait un quelconque retournement de situation ». Et ce n’est pas la décision prise par les États-Unis, dans le cadre du différend entre Airbus et Boeing, de taxer à hauteur de 7,5 milliards $ les produits européens, qui arrangera les choses. Des propos qui prennent encore plus de poids, lorsqu’il insiste sur le fait que « l’UE doit défendre ses propres intérêts et valeurs en usant d’instruments de défense commerciale qui permettraient d’exercer l’influence et les pressions nécessaires par exemple en matière de subventions, dans le cas de la Chine ».

Phil Hogan a souhaité mettre en avant l’importance de la qualité des produits de l’UE notamment ceux issus du secteur agroalimentaire. Il a rappelé que « depuis 2015, toute une série de missions agricoles ont été menées en compagnie d’entreprises dans le monde entier afin de promouvoir la qualité européenne et d’aider à sa commercialisation. Cette démarche basée sur la qualité et la durabilité est donc essentielle pour la pérennité et la viabilité de nos entreprises agroalimentaires et de nos agriculteurs ».

(RM)

Romain MILLET