Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 22 juin 2018

« Pour une autre Pac » avance ses 12 priorités pour la future réforme


La plateforme « Pour une autre Pac » a profité du conseil des ministres de l’Agriculture, le 18 juin, pour annoncer ses priorités pour la Pac de l’après 2020. Elle juge durement les propositions de Bruxelles, dénonçant une "orientation productiviste".


La plateforme « Pour une autre Pac » qui rassemble des organisations paysannes et différentes associations représentant la société civile (protection de l’environnement, bien-être animal, solidarité internationale, consommateur…) a publié lundi 18 juin ses « douze priorités » pour la future réforme de la Pac. Priorités à partir desquelles elle a évalué les premières propositions de la Commission présentées par Phil Hogan le 1er juin dernier. Elle enjoint Stéphane Travert de s’en saisir afin d’affirmer « les positions fortes de la France » sur ces priorités, alors qu’avait lieu le même jour le conseil des ministres de l’agriculture au Luxembourg.

Certaines des propositions de la Commission peuvent recouper en partie ses préoccupations, notamment « soutenir les productions en faveur d’une alimentation saine et de qualité » via la possibilité de mettre en place des aides couplées pour les fruits et légumes frais et pour les légumineuses ; ou encore le fait de pouvoir accorder des financements plus importants à l’agriculture biologique.

Mais, d’une manière générale, la plateforme fait le constat que « les propositions de la Commission relèvent du seul effet d’annonce ». Ces dernières « n’intègrent que très peu de garde-fous pour s’assurer que les États membres joueront le jeu du plus vert et plus juste », estime-t-elle dans un communiqué, en donnant l’exemple du flou autour des programmes écologiques dont doivent se doter les États membres dans le premier pilier ou l’absence de « conditionnalité sociale et de bien-être animale ». Elle dénonce également le « discours mensonger » autour du fléchage de 40 % du budget de la Pac vers des objectifs climatiques, le chiffre correspondant pour elle « uniquement à une appréciation et non un objectif incluant notamment les paiements de base ».

Sur la question de la rémunération des producteurs, elle met en avant la mise en place de « dispositifs efficaces de régulation des marchés et de maîtrise des volumes de production » dont elle fait le constat d’absence dans les propositions de la Commission. De même, alors qu’elle souhaiterait le refus de tout « nouvel accord de libre-échange » et la mise en place « d’un dispositif de remboursement des aides pour les matières premières exportés en dehors de l’UE », les propositions de la Commission entérinent pour elle « l’orientation productiviste » du programme européen et le fait que celle-ci « ne vise pas un objectif de souveraineté alimentaire » mais « un gain de part de marché à l’export ».

« Très peu de garde-fous pour s’assurer que les États membres joueront le jeu du plus vert et plus juste »

RO