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Vendredi 12 avril 2019

Protection des végétaux : nouvelles normes internationales pour freiner la propagation mondiale de parasites


Réunie du 1er au 5 avril au siège de la FAO à Rome, la Commission des mesures phytosanitaires (CMP), organe directeur de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), a adopté de nouvelles normes internationales visant à empêcher les parasites de passer les frontières et de se propager, et notamment des protocoles de diagnostic décrivant les procédures et les méthodes de diagnostic officiel de six parasites, dont Xylella fastidiosa et la mouche orientale des fruits.
La CIPV est le seul organisme international habilité à définir et à mettre en œuvre des normes phytosanitaires reconnues par les gouvernements du monde entier et par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). À ce jour, la CMP en a adopté plus de cent, couvrant tous les aspects de la quarantaine végétale.

Xylella fastidiosa et mouche orientale des fruits

Xylella fastidiosa coûte chaque année à la viticulture californienne 104 millions $ en pertes. En Italie, la bactérie a décimé quelque 180 000 hectares d’oliviers, et elle constitue une menace non seulement pour l’économie italienne, mais aussi pour celle de tous les pays méditerranéens.
La mouche orientale des fruits (Bactrocera dorsalis) s’attaque aux arbres tels que l’avocatier, le bananier, le goyavier et le manguier. Elle s’est répandue dans au moins 65 pays. En Afrique, les interdictions d’importation imposées en raison des invasions de mouches orientales des fruits entraînent des pertes annuelles d’environ 2 milliards $.
Parmi les mesures adoptées lors de cette réunion de la CMP figure également une nouvelle norme pour fournir des conseils sur les méthodes d’utilisation de la fumigation et la pratique appropriée du traitement thermique. Et ce afin de répondre aux préoccupations croissantes à l’encontre des gaz qui peuvent s’avérer nocifs pour la santé et l’environnement.

Un foyer « en cours d’éradication » en Italie

La Commission européenne confirme, en réponse à une question écrite parlementaire, que les autorités italiennes lui ont notifié le 2 novembre 2018, via le système EUROPHYT, l’arrivée en Italie de la mouche orientale des fruits, suite à quoi elle a envoyé une mission sur place du 14 au 18 janvier dernier. Bien que le climat de l’UE ne soit pas optimal pour le développement de ce parasite, il n’est pas exclu, selon une analyse du risque de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (EPPO), qu’il puisse s’établir dans certaines parties du territoire de l’Union.
Les autorités italiennes ont ensuite informé la Commission qu’elles considéraient la présence de la mouche comme « transitoire » et « en cours d’éradication ». Elles ont proposé un programme de surveillance que Bruxelles « suivra de près » pour vérifier si le récent foyer en Campanie a été éradiqué ou non.
Des mesures au niveau national et/ou de l’UE seront prises, si nécessaire, sur la base des résultats de cette surveillance, conclut la Commission.

20 à 40 % de la production agricole mondiale détruite par les parasites

Selon les estimations de la FAO, entre 20 % et 40 % de la production agricole mondiale sont détruits chaque année par les parasites. L’impact économique de ces pertes liées aux maladies végétales est estimé à environ 220 milliards $, tandis que les pertes économiques causées par les insectes ravageurs sont estimées à hauteur de 70 milliards $.

(FXS)