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Vendredi 19 mars 2021

Séparation difficile


L’enquête que nous avons publiée à la Une de notre précédent numéro le montre : la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires est encore loin d’être une réalité, malgré l’application de cette mesure de la loi Egalim depuis le 1er janvier, et les fortes sanctions encourues en cas de fraude. Sur le terrain, des technico-commerciaux des négoces et coopératives – qui ont massivement choisi de continuer la vente – nous rapportent qu’eux et leurs collègues continuent bel et bien de délivrer ces préconisations. Comment ? À l’oral, au téléphone ou face à face lors des tours de plaine. Ce qu’ils n’osent plus écrire noir sur blanc, ils s’autorisent à l’expliquer de vive voix, sans crainte d’être "pincés". C’est ce que certains appellent déjà « la dictée », et qui pourrait constituer une épine dans le pied d’Emmanuel Macron, dont c’était une des promesses à la présidentielle. Une belle épine, car on se demande bien comment les services de la DGAL pourraient prendre les fraudeurs en flagrant délit ? Mise sur écoute, contrôleurs se faisant passer pour des agriculteurs ? Des scénarios plus hollywoodiens qu’agricoles, à première vue. À moins que le ministère ne recule ? C’est ce qu’espéreraient encore certaines entreprises, entend-on en coulisses. Un scénario peut-être digérable par la République en marche (LREM), où tous les cadres ne sont pas convaincus de l’efficacité de cette mesure. Problème : 2022 approche, la pression va donc s’accentuer sur le bilan du Président.

Mathieu Robert



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