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Vendredi 08 février 2019

Trompe l’œil


Trente-cinq ans après l’ouverture à la pluralité syndicale, les scores de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale semblent s’être stabilisés au niveau national à l’occasion de ce scrutin. Tout comme le score de la liste FNSEA-JA qui n’a pas non plus bougé. Il ne faudrait pas encore conclure que l’agriculture française ne bouge plus. Cette stabilité doit être vue comme un trompe-l’œil. Les mutations sont nombreuses dans les champs, mais elles sont souvent discrètes. Il ne s’agit pas seulement d’évoquer les tendances classiques, de longue date : baisse du nombre d’actifs, augmentation de la taille des fermes, numérisation, transition écologique ou montée en puissance du salariat. Certaines évolutions sont plus nouvelles : en 2017, plus d’un tiers des installations étaient le fait de pluri-actifs – ils sont de plus en plus nombreux chez les jeunes. Un phénomène qui devrait peser sur les futurs débats autour du statut d’agriculteur. Autre évolution : selon les recherches de François Purseigle, 14 % des exploitations de grandes cultures délèguent totalement les travaux et la gestion de leur exploitation – certaines « sociétés de gestion » gèrent ainsi plusieurs milliers d’hectares en France. Là encore, voici un mouvement qui pourrait faire bouger les lignes. Bref, ce scrutin 2019 n’est pas la fin de l’histoire dans le syndicalisme agricole, auquel les prochaines années réservent, comme à l’agriculture française, de nombreux rebondissements.

Mathieu Robert



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