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Vendredi 08 février 2019

UE/États-Unis : hypothétiques négociations commerciales


Le projet de Bruxelles de négocier un accord commercial avec l’administration Trump, dont seraient au demeurant exclus les produits agricoles, relève surtout de la volonté de maintenir le dialogue et d’éviter une escalade des tensions actuelles. Les deux parties auront du mal à s’entendre sur un programme de négociation commun.


Les experts nationaux du Comité de la politique commerciale de l’UE ont soutenu les démarches entreprises par la Commission européenne pour maintenir le dialogue avec les États-Unis, lors d’un premier tour de table, le 1er mars, sur les mandats demandés par celle-ci en vue de négocier deux accords bilatéraux sur l’élimination des droits de douane pour les produits industriels et sur l’évaluation de la conformité (suppression des obstacles non tarifaires) (1). Les relations avec Washington sont à l’ordre du jour d’une réunion informelle des ministres du commerce des Vingt-huit prévue les 21 et 22 février à Bucarest.

Des « objectifs diamétralement opposés »

Défendant les deux projets de mandats devant les eurodéputés réunis en session plénière le 31 janvier à Bruxelles, la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a rappelé son engagement selon lequel l’agriculture est et restera exclue des pourparlers envisagés avec Washington. Toutefois, au nom du groupe démocrate-chrétien (PPE), le parlementaire luxembourgeois Christophe Hansen a rappelé que « les objectifs de négociation américains semblent parfois diamétralement opposés à ce que les présidents Juncker et Trump ont convenu en juillet dernier ». Il a ainsi cité « la pression continue (des États-Unis) pour inclure les produits de l’agriculture » (2) et leur « hostilité absolue concernant la protection des indications géographiques ».

Yannick Jadot (Verts, France) et Helmut Scholz (Gauche unie européenne, Allemagne) ont profité du débat pour contester la décision de la Commission, la veille, d’homologuer le soja américain pour la production de biocarburants dans l’UE (3).

Éviter une escalade

De façon générale, les députés, toutes tendances confondues, se sont montrés dubitatifs quant à la capacité, pour l’UE et pour Washington, de s’accorder sur un programme de négociation commun. Conservateurs et libéraux ont toutefois apporté leur soutien à la démarche de la Commission européenne qui, selon eux, permet d’éviter l’escalade commerciale.

Cecilia Malmström a souligné qu’il était effectivement nécessaire de maintenir une structure de dialogue avec l’administration Trump. Elle a néanmoins insisté sur le fait que les pourparlers seraient suspendus en cas de nouvelles sanctions sur les voitures européennes et ne pourraient être conclus sans l’annulation des sanctions imposées par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium.

La commission du commerce international du Parlement européen doit voter le 19 février un projet de recommandations de l’Assemblée « relatives à l’ouverture de négociations entre l’Union européenne et les États-Unis », sur la base d’un rapport de son président, le social-démocrate allemand Bernd Lange.

(1) Voir n° 3677 du 28/01/19

(2) Voir n° 3676 du 21/01/19

(3) Voir n° 3678 du 04/02/19

(FXS)



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