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Vendredi 22 novembre 2019

Voir (et lutter) malgré la volatilité


C’est un fait. En Europe, la volatilité des revenus agricoles est croissante depuis une vingtaine d’années, suite notamment à la libéralisation successive des marchés des céréales, du lait, et plus récemment du sucre – et probablement aussi à cause du changement climatique. Les prix du sucre ont touché des niveaux historiquement bas en 2018/2019, comme l’avaient fait avant eux les prix du lait en 2009, qui, cinq ans plus tard, atteindront à l’inverse des niveaux records. Pour continuer à y voir clair dans ce monde parcouru de pics abrupts et de creux vertigineux, une partie de la réponse est dans les indicateurs. Les résultats économiques des exploitations agricoles ne doivent plus être lus année par année, mais sur de plus longues périodes. Les producteurs de porc connaissent bien la musique. Dans un régime sans régulation comme le leur, il ne faut pas confondre une crise avec un bas de cycle. Sur la dernière décennie (avant 2017), les producteurs de porcs français ont pu dire qu’ils étaient en crise, et demander de l’aide, lorsqu’ils s’aperçurent qu’il n’y avait pas eu de vraie bonne année pour rattraper les mauvaises. Et que sur la période, les Espagnols avaient augmenté leur production, et eux non. À chaque filière de trouver son cycle, d’établir ses repères, ses indicateurs pour continuer à se défendre efficacement. Le revenu de la Ferme France devient, quant à lui, de plus en plus difficile à suivre, composé de multiples cycles non coordonnés, de surprises météorologiques. Il reste utile, mais sur de longues périodes.

Mathieu Robert



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