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Vendredi 02 avril 2021

Y croire ou non


L’histoire se répète. En 2017 à Rungis, suivant la demande du syndicalisme majoritaire, Emmanuel Macron avait annoncé une loi qui permettrait à la « construction des prix » agricoles de « partir des coûts de production ». Face à un « marché qui dérive » et des « prix anormalement bas », le chef de l’État proposait de réviser les règles. Trois ans et demi plus tard, on est loin du compte, le marché agricole n’a pas vraiment changé, le revenu agricole non plus. Mais apparemment, cela n’effraie pas le gouvernement, qui promet une nouvelle loi et une méthode similaire. Alors tout cela est-il crédible ? L’exemple des producteurs de volaille est toujours utile, eux dont les prix de vente sont déjà souvent garantis : quand la consommation de dinde tire, tout va bien. Quand elle reflue, les organisations de production leur demandent de mettre en place moins de dindonneaux, d’allonger les vides sanitaires. En bref, garantir le prix n’assure pas le revenu agricole. Mais est-ce cela que veut le gouvernement, ou veut-il aller plus loin ? Là est peut-être le fond du problème : on ne sait pas bien, et, au-delà des discours, on se prend parfois à douter de sa volonté sur ce dossier. La majorité propose pour l’agriculture une mesure qui paraît complètement étrangère à ce qu’il prône pour le reste de l’économie. Et il n’est pas clair quand il en parle, se gardant un jour de vouloir « administrer » les prix, tout en promettant le lendemain le respect des coûts de production. Si bien que l’on finirait presque par douter qu’il crût sérieusement à ce qu’il dit.

Mathieu Robert



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