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Vendredi 08 février 2019

Abeilles : l’Anses recommande davantage de restrictions d’usage des phytos


Dans un avis, l’Anses préconise le renforcement du dispositif de protection des abeilles contre l’exposition aux produits phytos. Les apiculteurs appellent le gouvernement à l’action.


La protection des abeilles vis-à-vis des pesticides est « une priorité », pour l’Anses. Dans un avis publié le 5 février, l’agence de santé recommande de durcir la législation sur les pratiques d’épandages de produits phytosanitaires dans l’agriculture pour enrayer la disparition des pollinisateurs. L’agence se base sur « l’ensemble des données disponibles », et sur ses « observations réalisées dans le cadre de la phytopharmarcovigilance ».

Elle recommande notamment d’élargir les interdictions de pulvérisation existantes pendant les « périodes de floraison » et de « production d’exsudats ». Aujourd’hui elles ne s'appliquent qu'aux produits insecticides et acaricides. L'Anses recommande d'élargir l’interdiction à « l’ensemble des produits phytopharmaceutiques » et « à tous les produits contenant des substances actives systémiques utilisés en pulvérisation et traitements de semence avant floraison». Cette disposition doit également s’appliquer aux produits de biocontrôle, indique l’Anses.

Prise en compte des effets chroniques

En cas de dérogation, le produit ne doit être appliqué « qu’après l’heure de coucher du soleil et dans les trois heures suivantes ». Par ailleurs, l’agence préconise que ces dérogations soient soumises à de nouveaux processus d’évaluation, prenant en compte « les effets chroniques », et non plus seulement la toxicité aiguë, et l’impact sur les « bourdons ». Des revendications de longue date des apiculteurs et du gouvernement français, qui pousse au niveau européen pour faire adopter cette méthodologie.

Ce rapport fait suite à une saisine des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, en juin dernier. À la suite de cette publication, le gouvernement a annoncé la création d’un groupe de travail « en vue de renforcer les mesures de protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs ».

Des tests « complexes » pour l’UIPP

Réagissant à la publication de cet avis, l’Union pour la protection des plantes (UIPP) rappelle la « complexité » de ces tests d’homologation, et appelle à ce qu’ils soient « validés au niveau européen », avant d’être mis en place dans la réglementation française. L’organisation veut « contribuer » au groupe de travail mis en place par l’État.

L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) a, quant à elle, le 6 février, appelé à une « refonte urgente » de la « réglementation obsolète » encadrant l’utilisation des pesticides en présence d’abeilles. L’Unaf considère que cet avis « met en évidence l’inefficacité de la réglementation actuelle », dans laquelle « la dérogation est devenue presque la règle ».

L’organisation ne ferme « pas la porte au dialogue », mais considère toutefois qu’il faut une « volonté politique » pour « la survie » des abeilles.

À la suite de cette publication, le gouvernement a donc annoncé la création d’un groupe de travail

FC



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