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Vendredi 13 novembre 2020

Agronomie spatiale


Beaucoup des leçons d’agronomie que nous avons apprises sur les bancs de l’école consistaient à placer des interventions culturales dans le temps : bien choisir sa date de semis ou ses apports en azote, profiter des fenêtres météo de pulvérisation, alterner cultures de printemps et d’hiver, semer un maïs après des légumineuses, ou plus récemment des inter-cultures gélives entre la moisson et le semis… Bref, c’est l’agronomie des éphémérides, des saisons, des rotations. Ces dernières années, l’actualité agricole semble vouloir ajouter une autre dimension à l’agronomie : l’espace. C’est bien sûr l’arrivée des cartes de modulation d’azote tirées d’images prises par drones, avions ou satellites. Mais pensez également aux cultures associées (dans l’espace), comme celles du colza avec des légumineuses. Ou encore aux mosaïques complexes de cultures potagères pratiquées par les jeunes créateurs de micro-fermes maraîchères, et demain par les robots de la start-up NeoFarm. Sans oublier l’agroforesterie qui veut améliorer les relations de voisinage entre l’arbre et l’agriculture. Pensez enfin aux mosaïques de cultures proposées récemment aux betteraviers pour venir à bout des pucerons sans recourir aux néonicotinoïdes. Bref, on voit s’étoffer sous nos yeux la dimension spatiale de l’agronomie. Et il est probable que, dans les fermes, les cartes et autres parcellaires d’exploitation connaîtront prochainement un destin plus glorieux et plus savant que celui de servir à remplir chaque année les déclarations Pac.

Mathieu Robert



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