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Vendredi 05 juin 2020

Alimentation et avion


Durant le confinement, les Français se sont donc tournés vers les circuits courts. Et à une époque où la Ferme France ne se sent plus très à l’aise dans la compétition internationale, ni même dans ses relations avec les grandes surfaces, aucun syndicat agricole, ni ONG, ne trouve à y redire. Vive les circuits courts.

Sauf que – toutes choses égales par ailleurs, l’origine notamment – les circuits courts émettent en moyenne davantage de CO2 que les circuits longs, presque deux fois plus, à cause d’une logistique très déficiente. Certes des start-up comme le Chemin des mûres ou Promus tentent de pallier le problème. Mais en pleine dérive climatique, cela pose question.

En matière de transport, il y a pourtant une mesure qui saute aux yeux, car elle aurait des bénéfices certains sur le climat : stopper le fret aérien de produits alimentaires (excepté bien sûr pour des raisons humanitaires). Mais que sait-on de l’aérien dans l’alimentaire, et des conséquences économiques d’une telle mesure ?

Peu de chose : aucun chiffre du ministère sur ce mode de transport marginal en volume, réputé réservé au haut de gamme. De dires de professionnels, quelques foies gras envoyés au Japon, ou pièces de viande bovine en Chine. Des melons venus des Antilles, ou des mangues « avion » du Pérou.

Mais combien exactement ? Importe-t-on plus que l’on exporte ? La Ferme France souffrirait-elle de l’arrêt de l’aérien alimentaire ? L’affaire a son importance. Le fret aérien serait jusqu’à 100 fois plus émetteur au km que le maritime, selon l’IMO.

Mathieu Robert



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