Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 31 juillet 2020

Aux origines


Nourrir les hommes, cela ne se résume plus (et depuis longtemps) à un face-à-face entre la terre et à l’agriculteur. C’est une somme d’activités très variées, une longue chaîne dont la solidité est celle du maillon le plus faible. C’est ce que nous rappelle la série d’été « Cuisine et dépendances » sur l’origine géographique (complète) de produits emblématiques (bouteille de vin, brique de lait…).

À la lumière de ces enquêtes, la France n’apparaît pas aussi autonome qu’elle le pense sur un plan alimentaire. Le diable est dans les détails. Les feuilles de cire indispensables aux apiculteurs français proviennent en majorité de Chine, tout comme certaines matières actives en grandes cultures. Le cuivre des viticulteurs arrive très probablement du Chili. Bref, beaucoup d’outils de production stratégiques viennent d’ailleurs.

À y regarder de près, le solde commercial agroalimentaire, lui-même, n’est pas irréprochable. Certes, en apparence, il est positif à +6,8 Mrd€. Mais si l’on convient que le champagne et le cognac ne nourrissent pas un homme, alors ce solde devient largement négatif. Est-ce un mal ? Eh bien, c’est selon, que l’on soit protectionniste, libre-échangiste, sinophile, atlantiste…

Alors que retenir ? Peut-être un regard nouveau sur la France comme puissance agricole. On parle souvent de l’export de blé tendre. Mais avec 15 Mt, il représente à peine la variation annuelle du stock mondial. Par contre, la PME sudiste Pellenc détient 35 % du marché mondial de la machine à vendanger. N’est-ce pas plus stratégique ?

Rédacteur en chef

Mathieu Robert



Téléchargement