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Vendredi 19 juin 2020

Avril continue d’investir dans les protéines végétales


Marqué par la crise Covid-19 et des mises à l’arrêt d’unités de biocarburant et ovoproduits, Avril a réaffirmé le 12 juin ses ambitions dans les protéines végétales. Le groupe vient d’investir dans l’entreprise autrichienne Vegini, spécialiste des produits végétariens et végans à base de pois. Il espère surtout officialiser cet été la construction d’une usine à Dieppe (Seine-Maritime) pour extraire la protéine du colza destinée à l’alimentation humaine.


« Nos grandes décisions structurantes ne sont pas remises en cause », a affirmé le 12 juin Jean-Philippe Puig, le directeur général d’Avril, lors d’une visioconférence organisée par l’Afja (journalistes agricoles). Pour preuve, le groupe a investi « il y a quelques semaines » dans l’autrichien Vegini, via une prise de participation minoritaire de Sofiprotéol, filiale dédiée au financement et développement. Ce spécialiste des produits végétariens et végans à base de pois est présent dans la grande distribution en Autriche, Allemagne, Royaume-Uni. Sofiprotéol veut l’accompagner dans ses investissements : Vegini, qui possède deux unités de production, en prévoit une troisième.

Décision en juillet sur le partenariat avec DSM

La crise du Covid-19 laisse toutefois des traces. Si Avril déclare n’avoir « pas de problème de cash », le groupe s’interroge sur un possible report d’investissements. Reste à l’état de projet la construction d’une usine à Dieppe (Seine-Maritime), là où se trouvait une usine de trituration de la filiale Saipol, touchée par une explosion en février 2018. La décision doit être prise « j’espère dans l’été, au mois de juillet », a confié Jean-Philippe Puig. Ce projet, dans lequel il est majoritaire, repose sur un partenariat avec le néerlandais Royal DSM, leader mondial des ingrédients, pour extraire la protéine du colza destinée à l’alimentation humaine. 6 000 à 7 000 tonnes de produits sont visés, « une première mondiale ». L’avantage de la protéine de colza, par rapport au soja, est de se dissoudre quel que soit le pH de l’aliment, a expliqué le dirigeant.

Plusieurs millions d’euros de pertes liées au coronavirus

Avril se dit « un peu attentiste » par rapport à la façon dont la reprise économique va se dérouler. La « conséquence la plus importante » de la crise sur l’activité du groupe concerne les biocarburants, avec certains ateliers mis à l’arrêt. Deux raisons expliquent les difficultés du secteur. D’une part, la chute de consommation de diesel, « jusqu’à 50/70 % ». D’autre part, la baisse des prix du pétrole, amorcée avant le coronavirus. « Aujourd’hui, à 40 dollars (le baril, NDLR), on a un vrai sujet de rentabilité » des biocarburants, admet Jean-Philippe Puig. Le groupe reconnaît avoir vendu à perte pour que ses usines continuent de tourner, assurant ainsi une continuité d’approvisionnement en tourteau, l’autre produit de la graine. Mais entre les fermetures de certains ateliers de biocarburants, l’arrêt de trois sites d’ovoproduits faute de débouché en RHD (restauration hors domicile), il y a « plusieurs dizaines de millions d’euros » de pertes liées au coronavirus.

Le groupe avait annoncé le 30 avril avoir plus que doublé son résultat net en 2019 à 35 millions d’euros, contre 16 millions d’euros un an plus tôt. 2018 avait signé son retour aux bénéfices après plusieurs années plombées par les cours du pétrole qui avaient affecté son activité de biocarburants.

6 000 à 7 000 t visées dans l’extraction de la protéine de colza pour l’alimentation humaine

JCD