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Vendredi 21 décembre 2018

Bioéconomie : un potentiel inexploité


La bioéconomie doit permettre de créer de la valeur ajoutée dans le secteur agricole dans les années à venir mais son potentiel est encore inexploité du fait, en particulier, de la difficulté à transférer les innovations sur le terrain, constatent les ministres de l’agriculture de l’UE. La Commission européenne a mis à jour sa stratégie au mois d’octobre. Et le dossier restera à l’ordre du jour en 2019.


Les ministres de l’agriculture de l’UE, réunis le 17 décembre à Bruxelles pour leur dernier Conseil sous présidence autrichienne, ont unanimement salué le nouveau plan de 14 actions pour la bioéconomie mettant à jour la stratégie en la matière qui datait de 2012.

Globalement, les délégations ont estimé que la bioéconomie ne déployait pas tout son potentiel dans la mobilisation des sous-produits et résidus agricoles et dans la création de valeur ajoutée pour les secteurs de l’agriculture et de la foresterie.

Le 11 octobre, la Commission a publié sa communication pour « Une bioéconomie durable pour l’Europe » qui prévoit notamment la mise en place d’une plateforme d’investissement dotée de 100 millions € afin de rapprocher les innovations du marché et de réduire les risques pour les investissements privés (1).

À l’image de l’initiative BIOEAST – présentée par la Hongrie –, que viennent de lancer les pays d’Europe centrale et orientale et dont l’objectif est de développer la recherche et l’innovation en lien avec des besoins locaux, tous les ministres ont souligné la nécessité de mieux impliquer les acteurs primaires. Le ministre français Didier Guillaume a suggéré le lancement d’une campagne européenne de communication sur le sujet afin de sensibiliser tous les acteurs mais aussi le grand public à cette question.

À l’agenda en 2019

La Croatie a néanmoins indiqué qu’il fallait, dans le développement de ces activités, tenir compte d’un volume de matière première réaliste. Et le Luxembourg est allé plus loin en estimant qu’il faudrait donner une préférence à la production alimentaire en appliquant un principe d’utilisation en cascade de la biomasse.

La Roumanie, qui prend à partir du 1er janvier la présidence tournante du Conseil de l’UE, souhaite mettre cette question de la bioéconommie à son agenda. Le ministre roumain Petre Daea a indiqué qu’il remettrait le dossier à l’ordre du jour de la réunion des ministres de l’agriculture de l’UE du 18 mars. Puis sera organisée une conférence sur le sujet les 4 et 5 avril à Bucarest. Enfin, la bioéconomie sera le thème de la réunion informelle du Conseil agricole les 3 et 4 juin à Bucarest. La Finlande, qui prendra la suite de la Roumanie à la tête du Conseil, le 1er juillet, devrait également en faire une de ses priorités.

(1) Voir n° 3664 du 22/10/2018

(AG)



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