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Vendredi 19 juin 2020

Blague belge


Que faudra-t-il encore entendre au nom de la souveraineté alimentaire et de l'épisode de Covid-19 ? Interrogé cette semaine sur CNews, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé une réflexion, pour la rentrée de septembre, sur ce thème de la souveraineté alimentaire. Et quel exemple choisit-il ? Le poulet ! Alors effectivement, il y a, dans cette filière, matière à relocaliser, car la moitié du poulet que nous consommons en France en restauration hors domicile est importé, rappelle le ministre. D'accord, mais importé de quel pays ? D'une grande puissance en guerre commerciale avec l'Europe? D'un pays hostile et instable ? De territoires lointains, ravagés par des nuées de criquets ? Non, de Belgique ! En 2018, notre voisin d'outre-Quiévrain exportait 110 Mtec de viande de poulet vers la France. Les Pays-Bas sont notre 2e fournisseur (89 Mtec), puis la Pologne (85,8 Mtec), l'Allemagne (46,3 Mtec), l'Espagne (33 Mtec), le Royaume-Uni (28,2 Mtec). Ne viennent qu'ensuite les pays tiers (21,9 Mtec). Alors certes, une partie du poulet néerlandais a sûrement l'accent brésilien. Certes, la Belgique n'est pas un modèle de stabilité politique. Certes, il n'a pas été non plus un modèle de gestion de la crise du Covid-19. Mais tout de même... S'il y a bien des raisons de vouloir relocaliser la production de poulet en France (emploi, agronomie...), vouloir en faire une affaire de souveraineté alimentaire risque, au mieux, de vexer certains de nos voisins européens.

Mathieu Robert



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