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Vendredi 20 novembre 2020

Centrisme agricole


Stratégiquement, l’un des inconvénients d’être centriste, c’est d’avoir à rendre attractif un programme qui apparaît souvent comme la continuation du chemin que le pays s’apprêtait à prendre, un barycentre du rapport de forces politique, une sorte de statu quo dynamique. En somme, le centriste propose de faire un choix qui peut facilement apparaître comme un non-choix. Un obstacle qui n’a pas arrêté la jeune équipe d’Emmanuel Macron en 2017. Dans le secteur agricole, leur programme a d’abord été encapsulé sous le terme de « montée en gamme », qui, de Jacques Mézard à Didier Guillaume, consistera finalement, dans les grandes lignes, à repasser sur les sillons tracés par Bruno Le Maire (la contractualisation) et Stéphane Le Foll (l’agroécologie). Puis, de Didier Guillaume à Julien Denormandie, il consiste désormais à se saisir du concept de souveraineté, imposé à l’agenda par la politique de Donald Trump, puis la crise Covid-19. Mais s’ils rencontrent parfois des problèmes de marketing, les centristes ont l’avantage, lorsqu’ils sont au pouvoir, de l’efficacité. Au milieu de l’échiquier, ils semblent subir moins d’opposition frontale, aussi bien des corps intermédiaires (ONG, syndicats agricoles) quand ils ne les boudent pas, que de leur haute administration dont l’actuel ministre de l’Agriculture est issu. Leur second avantage, en agriculture, c’est peut-être aussi d’être moins déceptif. Car de la Pac aux phytos en passant par le bien-être animal, les décisions s’y déroulent souvent à 27, et les grands virages sont très rares.

Mathieu Robert



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