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Vendredi 15 mars 2019

Choux-fleur : la Sica développe des modèles prédictifs


Pour reprendre un temps d’avance dans sa production emblématique, le chou-fleur, la Sica Saint-Pol (Finistère) développe un modèle prédictif des apports, pour mieux gérer ses volumes.


« Ce que nous cherchons à valider, c’est un outil à base d’algorithmes nous permettant de prévoir les apports à dix jours pour mieux informer nos clients et ainsi limiter les invendus », explique Olivier Sinquin, directeur de la Sica Saint-Pol. La première organisation de producteurs de légumes de France avec 650 exploitations et 230 000 tonnes de légumes (voir encadré) est, dans ce projet, le pilote technique de l’Association d’organisations de producteurs bretonne Cerafel (Sica, UCPT et Terres de Saint-Malo). Un projet que la Sica compte valider pour la saison 2020-2021.

En vingt ans, le chou-fleur a perdu de sa superbe en Bretagne. Cette région en a mis 105 millions de têtes sur le marché l’an passé – dont 50 millions pour la seule Sica Saint-Pol – quand elle en écoulait le double à la fin des années 1990. Traditionnellement exportatrice de 60 % de sa production, la Bretagne a, ces dernières années, perdu des parts de marché face à l’Espagne et l’Italie qui en produisent à des coûts plus bas. Les producteurs de l’Ouest sont donc à la recherche de tous les moyens techniques leur permettant de gagner en compétitivité.

Date de la coupe, calibre et nombre de têtes récoltées

Avec la société Doptim en partenaire technique, la Sica a d’abord corrélé, sur plusieurs années, production de choux-fleurs et conditions climatiques d’une seule exploitation, la station expérimentale Caté (Saint-Pol de Léon), qui enregistre toutes ses données. « Cette année, nous étendons l’analyse du modèle en faisant de l’acquisition de données chez quinze producteurs (cinq en Finistère, autant dans les Côtes d’Armor et en Ille-et-Vilaine), poursuit Olivier Sinquin. Parcelles, dates de semis, variétés choisies (parmi une centaine au total), date de la coupe de choux-fleurs aux champs, calibre et nombre de têtes récoltées, tout est enregistré. »

En corrélant ces informations de production avec les données climatiques précises de l’ensemble de la région sur l’année, la Sica espère disposer rapidement d’une base de données conséquente lui permettant, selon différents critères – zone de production, variétés, climat – d’anticiper les volumes à venir à dix jours. Des capteurs climatiques de champs (non encore installés) affineraient encore l’analyse. Cette connaissance du comportement végétatif du légume pourrait même donner aux Bretons des informations stratégiques sur les volumes à venir des autres bassins ; certaines variétés sont en effet vendues partout en Europe. Dans un second temps, la Sica envisage d’utiliser son modèle prédictif sur d’autres espèces.

Anticiper les volumes à venir à dix jours

Sica Saint-Pol : un chiffre d’affaires en baisse sur 2018

L’année 2018 a été morose à la Sica Saint-Pol (650 fermes, 850 producteurs) qui a réalisé un chiffre d’affaires de 193,5 millions d’euros dont 40 % à l’export, en baisse de 5,4 %, ont indiqué ses dirigeants jeudi 14, à l’avant-veille de l’assemblée générale de la coopérative. C’est l’activité légumes (230 000 tonnes à marque Prince de Bretagne) qui a le plus souffert, reculant de 6 % à 159 millions d’euros. L’activité horticole, elle, est restée stable à 35 millions. Dans le détail, trois produits ont connu une année vraiment difficile : le chou-fleur (26 % du CA légume), l’échalote et l’artichaut. Le bio, en revanche, se porte à merveille avec 39 producteurs installés, 7 en conversion et un CA représentant 7 % des ventes « légumes » de la Sica.

Franck Jourdain