Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 20 décembre 2019

Coopération et régulation


Dominique Chargé plaide pour que les coopératives puissent « orienter » davantage la production. Les groupements du secteur de la volaille ne verront certainement pas grand-chose à redire aux propos du président de la Coopération agricole. Elles le font déjà au quotidien, malgré leur obligation, comme toute coopérative, de collecter l’ensemble la production de leurs adhérents. Les propos du vice-président de Terrena visent sûrement d’autres grandes filières. Bovins viande ? Lait ? Dans la filière laitière, les entreprises se souciaient peu des volumes des producteurs jusqu’à la fin des quotas laitiers. Car cette régulation encadrait non seulement les volumes nationaux, mais aussi les volumes régionaux et individuels. Elle assurait ainsi à distance une partie de la gouvernance interne des laiteries coopératives. Les quotas disparus, la question de la régulation ressurgit au sein même de ces entreprises. Et c’est bien naturel. Lorsque quelques coopérateurs augmentent leur production sans concertation avec leur coopérative, et que celle-ci doit les collecter et les transformer, rappelons que ces éleveurs mobilisent à leur compte un outil collectif. Il y a donc matière à discuter. Mais si reprise en main du collectif il doit y avoir, elle nécessitera une contrepartie individuelle pour les coopérateurs. Cela peut passer par une plus grande sécurisation du prix, comme en volaille, mais aussi par des possibilités plus grandes de livrer d’autres entreprises en parallèle, mouvement déjà engagé par de nombreuses coopératives.

Mathieu Robert



Téléchargement