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Vendredi 27 septembre 2019

Détection et compréhension


Qu’il s’agisse d’imagerie satellite, de capteurs en champ, d’analyse chimique, de séquençage génétique, les technologies de détection progressent vite, se démocratisent à grands pas ; elles pointent un horizon, celui de la détection générale du monde connu, derrière lequel nous courrons collectivement, tout en sachant ne jamais pouvoir l’atteindre. Derrière cet horizon en est un second, qui nous fait tout aussi rêver : celui d’une transparence totale des risques (chimiques, climatiques, biologiques). Pour s’en approcher, il nous faut convertir les données détectées en prédictions grâce à la science, aux connaissances accumulées. Apparaît alors, un peu plus loin, un troisième horizon : le pilotage optimal des politiques publiques de santé – et de nos conduites personnelles. Un Graal, parmi tant d’autres. Mais de tout cela, nous sommes encore loin. Comme le soulignait il y a quelques années Bernard Chevassus au Louis, nous entrons dans une période où les techniques de détection progressent beaucoup plus vite que la connaissance de ce que l’on détecte. Si bien que nous percevons de plus en plus de choses – des feux en Afrique, des microgrammes de glyphosate dans les cheveux de nos enfants, des séquences de microbes dans nos ADN – sans que les scientifiques ne puissent toujours répondre à nos questions, nos angoisses. Trop peu nombreux, concurrencés par les firmes et les ONG, mal formés à la communication, ils semblent souvent dépassés. Alors pour ne pas faire de surplace, il faut impérativement accélérer la machine à produire des connaissances, en particulier les agences sanitaires. Sinon, notre société risque de s’immobiliser d’angoisse.

 

Mathieu Robert



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