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Vendredi 13 septembre 2019

Dans l’Ouest, les élevages reprennent les investissements


Les prêts accordés par le Crédit agricole en Bretagne ont augmenté de 19 % au premier semestre 2019, a indiqué la banque le 10 septembre au Space. Des investissements principalement tirés par le lait.


À l’Ouest, rien de nouveau ? Si : la reprise des investissements dans les élevages. En Bretagne, au premier semestre 2019, les réalisations de prêts accordés par le Crédit agricole ont totalisé 410 M€, soit une hausse de 19 % par rapport au premier semestre 2018, a indiqué la banque lors d’une conférence de presse au Space, le 10 septembre à Rennes. Une embellie qui traduit un contexte « très favorable à quasiment toutes les filières », d’après Franck Bertrand, secrétaire général du Crédit agricole en Bretagne. La banque verte n’hésite pas à envisager une « année exceptionnelle » si cette tendance « devait se confirmer au second semestre ».

Lait : la locomotive des investissements

La reprise des investissements est « essentiellement due aux installations et aux modernisations en lait », souligne Olivier Desportes, président du Crédit agricole en Bretagne. Les prêts accordés aux élevages laitiers y représentent un quart des réalisations (en hausse de 31,6 % par rapport à 2018). Dans la région, « entre 70 et 75 % » des installations de nouveaux agriculteurs se font en lait. Toutes productions confondues, « les installations en Bretagne sont toujours très dynamiques », souligne M. Desportes.

Côté modernisation, les emprunts destinés à robotiser les élevages laitiers (traite et alimentation) connaissent une « évolution à deux chiffres », constate Stéphane Bouganim, responsable du marché agricole en Bretagne. Cette « très forte accélération de la robotisation » s’explique en partie par « l’usure des éleveurs » : « Avec la fin des quotas, les élevages ont grossi, mais le matériel de traite n’a pas forcément suivi. »

Porc : les éleveurs dans l’attente

Les investissements dans les élevages porcins « redémarrent tout doucement », remarque Olivier Desportes. En 2019, l’explosion de la demande chinoise de viande, provoquée par l’épizootie de peste porcine africaine, redonne des perspectives au secteur. Mais de l’avis de plusieurs acteurs rencontrés au Space, la tendance actuelle est plutôt à la reconstitution des trésoreries, au remboursement des emprunts et au paiement des factures en attente.

Après plusieurs mauvaises années, « les éleveurs de porcs ont besoin d’investir, notamment dans des bâtiments d’engraissement à renouveler », avance M. Desportes. Avec la mauvaise conjoncture de 2018, « de nombreux projets avaient été reportés », retardant la modernisation du secteur. « Il est important que les éleveurs réinvestissent massivement », martèle de son côté Philippe Bizien, président du Comité régional porcin (CRP). Pour cet éleveur, il y a urgence, car la Chine finira tôt ou tard par relancer sa production porcine : « Après le beau temps reviendra la tempête… »

Pour le CRP, les investissements en élevage doivent viser la compétitivité, la réponse aux évolutions sociétales et le renouvellement des générations d’éleveurs. Les prochaines années seront cruciales pour le secteur porcin, confronté à un important besoin de renouvellement des générations. « Le porc n’intéresse pas d’emblée les jeunes en école d’agriculture », déplore Olivier Desportes, qui prévient : « Dans les prochaines années, il y aura beaucoup d’élevages à reprendre, ça va faire de la concentration. »

Énergies renouvelables et bio confirment leur rôle moteur

« Cet été, la Bretagne a atteint le cap des 3 000 fermes bio », s’est félicité Olivier Desportes. Au plan national, la région occupe le sixième rang en termes de production bio, mais le premier en termes de consommation. Les productions dominantes de la bio bretonne ? Le lait, les légumes et les volailles. Au Space, le Crédit agricole en Bretagne a annoncé le lancement d’une offre d’accompagnement spécifique pour les producteurs bio, « de l’amont à l’aval, en passant par la conversion », a résumé Franck Bertrand. D’après ce responsable, les agriculteurs bio ont surtout besoin d’aide à la trésorerie, plutôt qu’aux investissements. L’offre du Crédit agricole regroupe le financement, l’assurance, des solutions de paiement de vente directe et un accompagnement dans la communication.

En parallèle, Olivier Desportes observe un « besoin de financement important » en énergies renouvelables et « un retour très fort du photovoltaïque pour l’autoconsommation ». La méthanisation n’est pas en reste, car « beaucoup de producteurs de porcs ou de lait regardent à diversifier et à sécuriser leur revenu ». La banque verte distingue deux tendances distinctes : d’un côté des projets menés à trois ou quatre exploitations pour une moyenne de 2 à 2,50 M€ et, de l’autre, des projets individuels de plus petite échelle (en injection directe notamment, pour des montants de 200 000 à 300 000 €).

« Il est important que les éleveurs de porcs réinvestissent massivement »

Au niveau national, les investissements agricoles en hausse de 10 %

Le premier semestre 2019 a été « marqué par une forte reprise d’activité au plan national » en termes d’investissements dans les exploitations, a indiqué le Crédit agricole le 10 septembre, lors d’une conférence de presse au Space à Rennes. Les réalisations de prêts ont progressé de 10,8 % par rapport au premier semestre 2018 (à 3,9 Mrd€). Une hausse qui fait suite à une année 2018 déjà satisfaisante pour le Crédit agricole, avec des nouveaux prêts accordés aux agriculteurs totalisant 7,3 Mrd€ (+0,8 % par rapport à 2017). Directeur de l’agriculture pour la banque verte au niveau national, Jean-Christophe Roubin observe « une accélération des investissements ». Celle-ci est « portée par un très bon contexte de marché et les nouvelles attentes » des consommateurs. Pour la cinquième année de suite, le groupe enregistre des réalisations de prêts supérieures à 7 Mrd€. « Globalement, l’activité du Crédit agricole est en augmentation sur l’ensemble des productions animales et en baisse sur les productions végétales », détaille la banque.

YG



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