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Vendredi 03 juillet 2020

E-urbanisation et Covid-19


Comme l’écrivait en 2000 le géographe américain Brian J.L. Berry, la montée en puissance du cyber-espace pourrait avoir des conséquences lourdes sur l’urbanisation, avec une « dispersion toujours plus large » des activités. En termes simples : grâce à internet, de plus en plus de gens pourront travailler de n’importe où. Prolongeant l’effet de la mécanique (métro, voiture) qui avait dilaté les villes du XXe siècle, l’électronique a le potentiel de disséminer les villes modernes aux quatre vents. Avec de vraies conséquences sur l’agriculture.

Tout dépendra du lieu où les urbains choisiront de travailler. Problème : chez les Américains, Brian J.L. Berry observait, comme en France, un vrai appétit pour la vie à proximité de la « nature », pour l’habitat dispersé, les petits pavillons et les carrés de gazon. Autrement dit un mode de vie très gourmand en ressources (terre, énergie). Ce qui conduisait le géographe français Augustin Berque à conclure sur ce paradoxe : « la quête de "la nature" (en termes de paysage) détruit son objet même : la nature (en termes d’écosystèmes et de biosphère) ».

Jusqu’ici cette e-urbanisation était restée marginale, un peu conceptuelle. Mais le Covid-19 l’a fait entrer de plain pied dans la réalité. Le groupe automobile PSA a annoncé que, malgré le déconfinement, il pérennisera le télé-travail trois jours et demi par semaine pour 80 000 de ses salariés – des cadres pour l’essentiel. Libérés de la mobilité pendulaire, où iront-ils habiter ? Malheureusement, le confinement aura dissuadé beaucoup de rester en appartement.

Mathieu Robert



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