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Vendredi 18 mai 2018

Eau : la pollution par les nitrates diminue mais reste importante dans certaines régions


Peu à peu, la pollution des eaux européennes par les nitrates, agricoles en premier lieu, recule. Mais dans certaines régions, à Malte, en Allemagne et en Espagne en particulier, la concentration de l’élevage continue de dégrader la qualité des eaux souterraines et de surface.


Grâce à la législation européenne, la pollution de l’eau par les nitrates d’origine agricole a été réduite dans l’UE, mais il y a encore fort à faire pour la réduire, conclut le dernier rapport sur la mise en œuvre de la directive Nitrates, publié le 4 mai par la Commission européenne. En effet, la teneur en nitrates des eaux européennes s’améliore globalement mais certaines régions, d’élevage intensif en particulier, restent problématiques. La future Pac, qui doit être présentée le 1er juin, devrait amener des mesures, notamment dans le cadre de la nouvelle conditionnalité renforcée des aides, pour avancer sur cette question (1).

Les données sur les concentrations de nitrates montrent que la qualité de l’eau douce et des eaux souterraines s’est légèrement améliorée en 2012-2015 par rapport à la période précédente (2008-2011). En 2012-2015, 13,2 % des stations d’eau souterraine dépassaient 50 mg de nitrates par litre et 5,7 % se situaient entre 40 et 50 mg/l, soit une légère amélioration par rapport à la période précédente au cours de laquelle 14,4 % des stations dépassaient 50 mg/l et 5,9 % se situaient entre 40 et 50 mg/l. Pour les eaux superficielles, 64,3 % d’entre elles étaient inférieures à 10 mg de nitrate par litre, tandis que 2 % présentaient des concentrations comprises entre 40 et 50 mg/l litre et 1,8 % dépassait 50 mg/l. Il s’agit, là encore, d’une amélioration par rapport à la période de déclaration précédente, au cours de laquelle 2,5 % des stations dépassaient 50 mg par litre et 2,5 % se situaient entre 40 et 50 mg par litre.

Des régions d’élevage toujours en excédent

Dans l’ensemble, la qualité des programmes d’action nationaux s’est améliorée, avec des mesures plus strictes et des méthodologies améliorées pour parvenir à une fertilisation équilibrée et à une gestion durable des effluents d’élevage. « Certains États membres mettent au point des technologies innovantes de traitement du lisier. Toutefois, il reste des défis à relever, comme la prise en compte adéquate de tous les apports d’éléments nutritifs provenant de différentes sources et la prévention des pertes d’éléments nutritifs dans l’eau et dans l’air grâce à une gestion efficace du fumier », souligne le rapport.

La situation varie donc d’un État membre à l’autre : dans certains, les programmes d’action donnent de bons résultats mais dans d’autres, des mesures supplémentaires de réduction et de prévention de la pollution sont nécessaires, constate Bruxelles.

En particulier, la concentration locale d’un grand nombre d’animaux pose des risques élevés pour l’environnement lorsque la production de fumier n’est pas en équilibre avec la disponibilité des terres et les besoins des cultures. Les densités les plus élevées ont été observées aux Pays-Bas, à Malte et en Belgique. Et les plus fortes hausses au cours de la période en Autriche (+7,2 %), en Irlande (+4,5 %), en Finlande (+3,7 %) et en Allemagne (+3,5 %). À Malte, en Allemagne et en Espagne, respectivement 71 %, 28 % et 21,5 % des stations d’eau souterraine ont dépassé en moyenne 50 mg de nitrate par litre.

En juillet 2017, huit procédures d’infraction étaient ouvertes à l’encontre de sept États membres : la France, la Grèce, la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie, l’Allemagne et la Belgique (Wallonie).

(1) Voir n° 3642 du 30/05/2018

(AG)



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