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Vendredi 13 septembre 2019

En Argentine, une province initie l’aide au respect de l’environnement


Le programme de « promotion des bonnes pratiques agricoles » de la province de Córdoba constitue une première, à cette échelle, en Argentine. Il reste toutefois facultatif et dépourvu de contrôle sur le terrain.


La province de Córdoba a reconduit pour la troisième année consécutive son programme de promotion de bonnes pratiques agricoles (BPA). Ce système facultatif de paiement direct s’adresse aux agriculteurs qui doivent respecter en échange quatorze critères socio-agro-environnementaux. Il a concerné, lors de la campagne 2018/2019, un total de 3 154 agriculteurs ayant reçu entre 12 000 et 102 000 pesos (soit entre 180 et 1 400 €) chacun pour avoir rempli un ou plusieurs de ces critères. La surface agricole totale ainsi primée a été de près de 1,1 million d’hectares.

Le ministère de l’Agriculture de Córdoba, qui pilote ce programme depuis une cellule spéciale rattachée au cabinet du ministre, Sergio Busso, espère atteindre 1,3 million d’hectares cette année. « Le nombre d’agriculteurs inscrits au programme lors de ce cycle 2019/2020 est similaire à l’an dernier, mais certains déjà inscrits y ont ajouté de nouveaux parcellaires », anticipe Francisco Iguerabide, le directeur du Développement agricole durable au sein du ministère. Aucun système de contrôle sur le terrain n’a été mis en place pour vérifier les informations renseignées par les agriculteurs par le biais d’une déclaration sur l’honneur.

Cette action publique constitue une première du genre en Argentine, voire en Amérique du Sud, à cette échelle ; Córdoba est l’une des trois plus grandes provinces agricoles du pays avec Buenos Aires et Santa Fe. Autre originalité du programme : il est attribué en dehors de tout critère social, chose jusqu’ici impensable dans la région.

Un outil de développement plutôt que de commerce

Francisco Iguerabide précise que « ce programme n’est pas d’un système de certification. C’est une promotion de bonnes pratiques agricoles ». Parmi les critères à respecter : la rotation des cultures [semer des graminées sur 30 % minimum de la SAU totale] ; la formation professionnelle et la vie sociale des actifs [l’appartenance à une coop ou un syndicat fait l’objet d’une prime au titre de la responsabilité sociale] ; la réalisation d’analyses de sols préalables aux applications d’engrais, etc. « Rien de tout cela n’est obligatoire du point de vue légal, rappelle le fonctionnaire. Nous récompensons financièrement ceux qui font pour l’environnement davantage ce que la loi exige. »

Le programme BPA de Córdoba promeut le respect de l’environnement et, aussi, la reconnaissance de ceux qui y contribuent aux yeux de la société argentine. Aussi, le bénéficiaire du programme reçoit non seulement une aide financière, d’un montant à maints égards symbolique, mais aussi un panneau d’affichage indiquant son adhésion au programme. Il peut installer ce panneau en bordure de son exploitation pour le faire savoir à la communauté.

Les quatorze bonnes pratiques agro-environnementales du programme sont établies par le pouvoir exécutif de la province de Córdoba, mais validées par un conseil consultatif formé par une quarantaine d’institutions publiques (universités, instituts de recherche…) et privées (chambres, syndicats,…) dont les instances nationales adhèrent à un réseau national de bonnes pratiques agricoles et d’élevage (Red BPA, en Espagnol) piloté par la Bourse aux céréales de Buenos Aires.

Le bénéficiaire reçoit une aide et un panneau d’affichage

Marc-Henry André



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