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Vendredi 10 janvier 2020

Environnement : les émissions agricoles de l’UE stables jusqu’en 2030


Selon les prévisions de la Commission européenne, dans ses perspectives à long terme pour le secteur agricole, les émissions de gaz à effet de serre devraient rester globalement stables d’ici 2030, la réduction du cheptel laitier compensée par l’augmentation de la production des cultures.


Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole de l’UE ne devraient que très légèrement diminuer d’ici 2030, estiment les experts de la Commission européenne dans leurs perspectives à long terme pour l'agriculture européenne publiée en décembre. La forte diminution prévue du nombre de bovins laitiers devrait contribuer à une réduction des émissions mais celle-ci sera compensée par une augmentation des rendements et de la production des cultures qui pourraient accroître les émissions d’oxyde d’azote ainsi que l’épandage de fumier dans les champs. Néanmoins, préviennent les experts, cette analyse est susceptible de constituer une surestimation de l’impact négatif sur l’environnement et le climat de l’agriculture, « car les modèles ne peuvent pas rendre pleinement compte des effets bénéfiques de certaines mesures de la Pac en vigueur et de l’évolution des pratiques de gestion agricole ». Et la séquestration du carbone dans les prairies n’a pas été incluse dans l’analyse. Mais, se félicite la Commission européenne, les résultats montrent que l’empreinte du système alimentaire de l'UE est inférieure à la moyenne mondiale pour la plupart des produits.

L’élevage en cause

Dans le détail, les projections de Bruxelles prévoient que les émissions de gaz à effet de serre diminuent très légèrement entre 2012, année utilisée comme référence, et 2030. À cette date, la digestion des ruminants devrait être responsable de 43 % des émissions de GES agricoles autres que le CO2, soit un peu moins que les 45 % de 2012.

Une diminution de 5 % (-10 millions de tonnes équivalent CO2) est associée à la diminution du nombre de bovins laitiers et à l’augmentation prévue de la productivité laitière. Mais cette diminution sera compensée par une augmentation des émissions d’oxyde d’azote principalement en raison de l’augmentation des rendements et de la production des cultures, mais aussi de l’épandage de fumier dans les champs dont la gestion tend à réduire les émissions d’ammoniac et à augmenter celles d’oxyde d’azote. Au total, plus de 80 % des émissions agricoles de méthane et d’oxyde d’azote sont associées directement ou indirectement à la production d’aliments pour animaux et d’animaux. Mais l’empreinte environnementale diffère considérablement entre les productions : la plus élevée par quantité de protéines produites revient à la viande de ruminants, suivie des produits laitiers ; tandis que la plus faible, bien inférieure à celle des céréales, correspond aux protéines des légumineuses et des fèves de soja.

Dans un scénario hypothétique qui verrait la consommation européenne de protéines provenir à 50 de végétaux et 50 % d’animaux (contre 42 % de végétaux et 58 % d’animaux aujourd’hui) les émissions agricoles de GES de l’UE seraient réduites de 6 % en 2030, montre la Commission européenne.

(AG)



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