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Vendredi 10 mai 2019

Hongrie : un objectif de 100 000 ha irrigués en plus d’ici trois ans


La Hongrie veut améliorer la compétitivité de son agriculture, notamment via une augmentation de 100 000 ha de ses surfaces irriguées d’ici à trois ans, a indiqué le 6 mai le ministre hongrois de l’agriculture Istvan Nagy.


« Sans irrigation, on ne sera jamais compétitif », a-t-il déclaré à Budapest devant des journalistes agricoles français de l’association Afja. « 85 000 ha sont actuellement irrigués. L’objectif est de 100 000 ha supplémentaires d’ici à trois ans. » Cela revient, d’après ses chiffres, à augmenter la proportion de terres irriguées de 2 % aujourd’hui à 8 % en 2022, soit la moyenne au sein de l’UE. Le pays connaît « un retard considérable en matière d’irrigation ». Son agriculture apparaît « très exposée » au changement climatique, qui se traduit par des phénomènes météorologiques extrêmes. D’où la nécessité d'« augmenter le potentiel d’irrigation ».

Le gouvernement a décidé d’y consacrer 17 Mrd de forints (52,36 M€) par an pendant dix ans. Un budget destiné à investir dans des infrastructures, leur entretien. Il s’agit de remettre la Hongrie à niveau : « L’irrigation était beaucoup plus répandue, vingt ans en arrière. Des canaux existent mais ne sont pas entretenus. »

Développer le soja irrigué

Pour Istvan Jakab, vice-président du Parlement, « le problème de l’irrigation est devenu brûlant » au vu du changement climatique, a-t-il déclaré le même jour aux journalistes de l’Afja lors d’un voyage d’étude en Hongrie. « Toute la performance de notre agriculture dépend de la pluviométrie », souligne le député qui est aussi président de MaGOSz, le plus gros syndicat agricole du pays. Cette année en est l’illustration. La sécheresse entraîne des pertes s’élevant déjà à plus de 100 Mrd de forints (310 M€).

Un des enjeux de l’irrigation est notamment la réussite du plan gouvernemental sur la protéine végétale, qui vise à réduire la dépendance aux OGM importés. Le développement de la culture du soja est entre autres visé. « Pour une production durable du soja, il faut irriguer », explique Istvan Jakab. Comme la culture s’intègre dans une rotation sur au moins trois ans, 400 000 ha irrigués sont nécessaires.

Des difficultés foncières

Un autre défi pour doper la compétitivité de l’agriculture hongroise tient au foncier. « On veut en finir avec la propriété commune indivisée », affirme le ministre de l’agriculture. 4,5 millions de personnes sont concernées pour 2,5 M ha, sachant que la Hongrie compte 9,3 M ha avec 4,3 M ha de surfaces arables, d’après Istvan Nagy. Une situation liée à l’héritage communiste. Lors du changement de régime en 1990, des bons de remboursement ont permis aux propriétaires fonciers de récupérer auprès de l’État des terres anciennement nationalisées. Problème, nombre d’entre eux ne se sont pas manifestés, donnant naissance à des indivisions au fil des héritages de terres.

L’efficacité du secteur agricole est aussi bridée par la structure des exploitations. D’après le ministre, il est important de « faire savoir qu’en dessous d’une taille critique, ce n’est pas possible d’être compétitif : par rapport aux défis de la numérisation, de l’efficacité énergétique, de la main-d’œuvre, la taille d’exploitation compte ». Les toutes petites fermes, qui pesaient la moitié des effectifs il y a une dizaine d’années, ont néanmoins tendance à disparaître, selon la chambre d’agriculture NAK. Plus fréquente, l’exploitation familiale de « référence » compte aujourd’hui plusieurs centaines d’hectares.

Seulement 2 % de terres irriguées aujourd’hui

JCD



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