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Vendredi 06 mars 2020

Instabilité maximale


La liste des perturbations commence à s’allonger dangereusement dans certaines filières agricoles. Bien sûr, il en venait déjà du ciel avec l’accélération des phénomènes météo violents et inédits : inondations des grandes cultures en 2016, gels des vignes en 2017, sécheresse pour les ruminants en 2018, canicule en 2019. Pour quelques filières végétales, il en venait aussi de l’infiniment petit, des micro-organismes, brassés par les échanges commerciaux ; sur six menaces émergentes pour les cultures, trois sont apparues ces derniers mois. Citons les plus connues des six : le virus ToBRFV dans la tomate, Xylella dans les oliviers, et la maladie du dragon jaune en arboriculture. Dans les filières animales, la VHD continue de ravager les lapins, et en porc, le cheptel chinois n’arrive toujours pas à se dépêtrer de la peste porcine africaine (PPA). Ajoutons à cela les résistances et impasses de traitement phytosanitaire qui se multiplient en grandes cultures, provenant tout autant des interdictions réglementaires que de la mauvaise gouvernance des molécules par le monde agricole. Empilons par-dessus cela, la fin des quotas dans le lait et le sucre, le retour en force des relations bilatérales mouvementées venues de Washington ou Londres. Il ne manquait plus que le coronavirus. On atteint ici un sommet d’instabilité pour les marchés agricoles. Un sommet qui commence à nous faire toucher du doigt des scénarios plus tragiques, probablement devant nous, si un virage n’est pas pris rapidement.

Mathieu Robert



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