Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 10 juillet 2020

L’abattage à la ferme se tourne vers le financement participatif


Lors d’une conférence de presse qui se tenait en Loire-Atlantique le 7 juillet, l’association Abattage des animaux sur leurs lieux de vie (Aalvie) a annoncé le lancement d’un crowfunding de 1 million d’euros via la plateforme Miimosa. Cette somme doit notamment permettre de recruter un chargé de mission à partir de septembre pour gérer la période préparatoire des projets de caisson d’abattage mobiles portés par l’association. Elle financera également en partie les structures fixes. « En plus des caissons mobiles, nous prévoyons deux projets d’unités fixes de mise en carcasse et stockage car nous n’avons plus d’abattoir de proximité pour effectuer ce travail » explique Guylain Pageot, éleveur et président de l’association. Il estime le coût total pour un ensemble « unité fixe - caissons mobiles » à 3,5 millions d’euros, soit 7 millions pour les deux projets en cours. « Notre modèle économique nous permettra d’emprunter pour financer cette somme et nous sommes également soutenus par les communautés de communes locales, Nantes métropole, le département et la région, explique-t-il. Mais nous avons besoin de ce premier million d’euro pour accompagner tout le travail d’organisation et de logistique en amont sans se mettre une pression financière trop importante » ajoute l’éleveur. Face aux difficultés de financement, l’association AALVie n’est pas la seule à se tourner vers le crowfunding. « Il y a plusieurs projets en cours d’abattage à la ferme qui devraient démarrer des financements participatifs en juillet », annonce Émilie Jeannin de la Confédération Paysanne. Selon elle, les sommes récoltées permettront d’encourager les banques et autres partenaires dans le financement des projets d’abattages à la ferme. Sur ce point, elle regrette que l’État n’ai pas encore débloqué de financement. Au delà de l’appel à don, les deux éleveurs se rejoignent sur l’importance du crowfunding pour communiquer auprès des consommateurs et les mobiliser sur ce type de projet. « ça va nous permettre de recueillir leur avis et d’évaluer si consommer des viandes abattues à la ferme intéresse l’opinion public », indique Guylain Pageot. Pour toucher un maximum de personne, Aalvie compte sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs agricoles. « Tous les syndicats sont impliqués dans le projet, mais aussi les Civam et la Fnab », indique l’éleveur ligérien.

Le coût total d'un ensemble «unité fixe - caissons mobiles» est de 3,5 millions d’euros

Tanguy Dhelin



Téléchargement