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Vendredi 13 septembre 2019

L’abondante moisson française de céréales devrait profiter à l’exportation


La grande majorité des 71 millions de tonnes de céréales que devrait totaliser la moisson trouvera un débouché durant la campagne 2019/2020, laissant peu de surplus additionnels, d’après les projections de FranceAgriMer, qui a tenu son conseil spécialisé « grandes cultures » le 11 septembre. Les bilans prévisionnels de FranceAgriMer font entrevoir une forte augmentation des exportations de blé tendre et d’orge.


La moisson française, toutes céréales confondues, devrait s’établir à 70,966 millions de tonnes (Mt), contre 62,660 Mt l’an dernier. Malgré cette augmentation de plus de 8 Mt, FranceAgriMer ne prévoit pas de stock de fin de campagne en proportion de cet accroissement. C’est ainsi que le stock final de blé tendre est prévu à 3,27 Mt, contre 2,41 Mt en fin de campagne dernière. Celui de l’orge atteindrait 2,23 Mt contre 1,32. Celui du maïs monterait à 2,298 Mt, contre 2,03. Le gonflement des stocks, d’ailleurs modéré, n’est pas déterminant pour le marché. « C’est le ratio stocks sur utilisations qui dirige la tendance, plus que les stocks eux-mêmes », a commenté Marc Zribi, chef de l’unité « grains et sucre » de FranceAgriMer.

Sur la base des données fournies par les opérateurs, FranceAgriMer a prévu 11 Mt de blé tendre à l’exportation vers les pays tiers pendant la campagne 2019/20, soit près de 14 % de plus que la campagne dernière, et 9,7 Mt de ventes françaises vers l’UE, soit + 13,5 %. Et pour l’orge, il a inscrit un volume de 3,4 Mt à l’export vers les pays tiers, soit + 42 %.

Le blé français porté par la compétitivité de l’euro

FranceAgriMer affiche ces niveaux en forte hausse par rapport à la campagne écoulée parce que l’offre est supérieure de 8 Mt et parce que la conjoncture est favorable aux céréales européennes. « Les céréales européennes sont compétitives actuellement en raison de l’érosion de l’euro par rapport au dollar » depuis plus d’un an, a expliqué Marc Zribi. En outre, la qualité des blés français, moissonnés avec un taux d’humidité historiquement bas (12,1 % contre plus de 13 % les autres années en général), est un atout supplémentaire de compétitivité. L’Afrique subsaharienne, qui s’était détournée du blé tendre français après à la moisson française désastreuse de 2016, manifeste de nouveau son intérêt, ainsi que le Maroc, tandis que l’Indonésie cherche à diversifier ses approvisionnements, marqués par la prédominance des exportations ukrainiennes. FranceAgriMer prévoit aussi des achats soutenus de blé tendre par l’Égypte et l’Algérie.

L’orge bénéficie de la demande chinoise accrue

Quant à l’orge française, elle devrait bénéficier d’achats chinois plus élevés que la campagne passée, Pékin devant importer davantage d'orge pour relever son cheptel porcin, et boudant l’orge australienne, du fait d’un contentieux commercial australo-chinois sur ce produit. La Chine importerait durant cette campagne 5,5 Mt d’orge, contre 5,2 durant la campagne 2018/19. Elle a commencé à importer de l’orge tant fourragère que brassicole de la France dès cette campagne. La France a aussi réussi à exporter de l’orge vers l’Iran, pays qui n’était plus client de l’Hexagone depuis quatre ans pour cette céréale.

FranceAgriMer a prévu 11 Mt de blé tendre à l’exportation vers les pays tiers

La conjoncture restera-t-elle ainsi favorable tout au long de la campagne ? FranceAgriMer et les opérateurs préfèrent rester vigilants. En effet, les cours du maïs américains fléchissent depuis la mi-août. De plus, la récolte brésilienne de maïs a atteint son record historique, à 242,1 Mt. Une baisse prolongée des cours du maïs ferait concurrence au blé et à l’orge dans les aliments du bétail. La culture du maïs est encouragée par le gouvernement brésilien, notamment dans l’État du Mato Grosso, comme matière première pour la production d’éthanol. Le co-produit de la transformation du maïs en éthanol, la drèche de distillerie, peut être exportée sur le marché mondial pour l’alimentation du bétail. Mais « il est encore trop tôt pour percevoir pour l’instant un amoindrissement de la compétitivité française du blé et de l’orge », a estimé Marc Zribi.

MN