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Vendredi 10 mai 2019

L’agriculture, principale cause du déclin de la biodiversité, selon l’Ipbes


Le « changement d’usage des sols », principalement lié à « l’expansion de l’agriculture », qui « se fait au détriment des milieux naturels », est le « principal facteur » de chute de biodiversité dans le monde, selon les conclusions, présentées le 6 mai, du « Giec de la biodiversité », l’Ipbes, qui se réunissait à Paris depuis le 29 avril. Plus d’un tiers de la surface terrestre et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage, soulignent, dans leur rapport final, les quelque 150 experts internationaux. Les scientifiques estiment que la Terre entre dans le début de la 6e extinction de masse de son histoire qui pour la première fois est causée par les activités humaines. Selon eux, près « d’un million d’espèces animales et végétales » seraient menacées de disparition dans « les prochaines décennies ». Ils mettent notamment en avant la chute des populations d’insectes pollinisateurs qui met en danger les cultures. Un risque évalué entre 235 et 577 milliards de dollars par an.

Pour inverser la tendance en agriculture, le rapport met l’accent, notamment, sur la promotion de bonnes pratiques agricoles et agroécologiques, une gestion plus intégrée des paysages et des bassins versants, la conservation de la diversité génétique, ainsi que des approches qui responsabilisent les consommateurs et les producteurs grâce à la transparence des marchés, à l’amélioration de la distribution, des chaînes d’approvisionnement et à la réduction du gaspillage alimentaire.

Leur « résumé à l’attention des décideurs », issu d’un compromis politique adopté par les 132 pays membres de la plateforme, servira de base de travail lors des négociations de la 15e Convention de l’Onu sur la diversité biologique qui se tiendra à Kunmong, en Chine, au mois de décembre 2020. Des pourparlers qui doivent aboutir à un accord mondial sur la protection de la biodiversité.

Le rôle de l’UE

Réagissant au rapport de l’IPBES publié le 6 mai, les Amis de la Terre estiment que l’Europe a une énorme responsabilité pour mettre fin à la crise écologique décrite par les experts internationaux. « Notre surconsommation de soja, d’huile de palme (pour les aliments transformés et les biocarburants) et de matières premières est dévastatrice pour la faune et les communautés du Sud. Et l’agriculture chimique intensive détruit ce qui reste de la nature ici en Europe, où nous ne parvenons pas à appliquer les lois de protection de la nature », souligne l’ONG. Les solutions proposées : la réduction de la consommation de viande, de produits laitiers et de produits agroalimentaires d’une part, et le passage à une agriculture agroécologique d’autre part qui permettraient de réduire la pollution et de restaurer les habitats des espèces sauvages.

(AG)



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