Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 17 juillet 2020

Légumineuses : doubler les surfaces coûterait 1,8 à 2,3 Mrd€/an sur dix ans


Dans un chiffrage dévoilé début juillet, l’Iddri, think-tank lié à Science Po, estime que le doublement des surfaces de légumineuses pour atteindre un million d’hectares en 2030, comme prévu par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), nécessiterait « 1,8 à 2,35 Mrd€ par an » pendant dix ans. Les ordres de grandeur, précise le think-tank, sont cependant à « manipuler avec précaution », notamment en raison d’éventuels effets d’échelle. Dans le détail, 1 à 1,5 Mrd serait nécessaire sur la période pour développer les légumineuses dans l’alimentation humaine, 4 à 6 Mrd permettraient de renforcer la filière alimentation animale. Il s’agit d’investissements industriels dans la trituration, le fractionnement, le stockage. 2,5 à 4 Mrd permettraient de réimplanter des élevages dans les territoires de grandes cultures, pour valoriser les légumineuses grâce à « des laiteries et abattoirs à petite échelle », comme le précise Pierre-Marie Aubert, coordinateur de l’initiative Agriculture européenne au sein de l’Iddri. L’idée, en augmentant de 55 000 vaches la taille du cheptel, est de doubler la part de prairies permanentes en Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, dans le nord des zones intermédiaires pour atteindre les objectifs bas carbone, biodiversité, gestion de l’eau.

Plus en amont, les semenciers devraient investir 30 à 40 M€ dans les légumineuses, soit environ 1 % de leur budget R & D annuel. Les agriculteurs devraient consacrer 10 à 12 Mrd€ à la transition. Ce dernier chiffre est en phase avec le plan de transformation de la filière, issu des États généraux de l’alimentation : des surcoûts de 10,225 Mrd communs avec la filière céréalière et de 560 M€ spécifiques à la filière huiles et protéines végétales.

Concernant le financement, « quand on regarde les investissements directs consentis dans le secteur agroalimentaire, qui sont de l’ordre de 23-26 milliards d’euros par an, il suffirait de réallouer 10 % de ces volumes dans les bons secteurs pour transformer le système alimentaire », suggère le chercheur. La dépense des ménages français en alimentation, de l’ordre de 188 milliards par an, pourrait représenter un autre levier.

18 à 23,5 Mrd€ d’investissements nécessaires entre 2020 et 2030

IL, JCD



Téléchargement