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Vendredi 26 juin 2020

L’épaisseur du trait


Les services de FranceAgriMer doivent encore nous fournir les chiffres précis. Mais selon Grazyna Marcinkowska, chargée d’études au sein de l’unité Prix et consommation, le constat est clair : malgré l’importance prise par ce sujet dans les médias généralistes, la vente directe reste un phénomène marginal. Certes, l’engouement des Français pour ces circuits alternatifs a été réel durant la période de confinement. Pour preuve, les témoignages concordants de start-up (Ruche qui dit oui, Promus, La Charette…) accompagnant les agriculteurs sur ces circuits. Tous témoignent – au minimum – du doublement de leur activité. Mais cela reste un épiphénomène à l’échelle des marchés agricoles, a expliqué FranceAgrimer lors d’une conférence de presse le 23 juin. Pourquoi ? Tout simplement parce que la vente directe « reste marginale ». Dans un secteur comme la viande de boucherie, des progressions ont bien été observées, explique Grazyna Marcinkowska, mais elles représentent « l’épaisseur du trait ». Les défenseurs de ces modes de distribution argueront, à raison, que beaucoup de grands phénomènes commerciaux ont commencé par être des niches, à commencer par le bio ou l’œuf plein air. Mais ne parions pas trop vite sur le développement exponentiel de la vente directe ; rappelons d’abord que les marchés, qui eux étaient fermés, sont en déclin structurel ; et que le principal défaut de la vente directe, c’est qu’elle est fortement émettrice de CO2, une donnée qui, espérons-le, deviendra bientôt aussi importante pour l’État que le budget et l’emploi.

Mathieu Robert



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