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Vendredi 05 juillet 2019

La biodiversité recule dans les milieux agricoles franciliens


Un rapport pointe du doigt le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de plantes dans les milieux agricoles d’Ile-de-France, qui représentent presque la moitié de la région.


Le rapport annuel de l’Agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France, publié le 19 juin, pointe du doigt le « déclin » de la biodiversité dans les milieux agricoles de la région. L’agence, créée en 2017, accuse notamment la « simplification du paysage agricole », « l’intensification des pratiques », mais également la « faible diversité des plantes cultivées ». Le rapport vise notamment l’effet de la disparition des haies sur les oiseaux ou les papillons. En Ile-de-France, la « densité des haies est en moyenne linéaire de 5 mètres par hectares ». Or, la « densité optimale pour la majorité des oiseaux est de 70 mètres ». Résultat : les populations d’oiseaux dits « spécialistes », c’est-à-dire ne vivant que dans les milieux agricoles, ont diminué de 44 % entre 2004 et 2017. Autre cause mise en évidence : « l’abandon progressif du pâturage », à travers la disparition des prairies. Ces milieux représentent désormais « 1,5 % de la superficie régionale ». Ce phénomène a conduit à la « raréfaction » progressive de certaines espèces végétales et animales, telles que les « orchidées, pulsatilles, hélianthèmes, lézards, couleuvres et pipits ».

L’agriculture bio préconisée

L’Agence accuse enfin l’utilisation excessive de produits phytosanitaires. Elle déplore que le plan Ecophyto n’ait pas eu « le succès attendu », puisque leur usage a « augmenté de 28 % entre 2009 et 2015 ». Cette utilisation est désignée, par le rapport, comme « l’un des principaux responsables » de la chute des pollinisateurs et insectes », qui s’étend « au-delà des zones cultivées ». Pour renverser la tendance, l’organisme appelle à la mise en œuvre de « mesures agroenvironnementales ». La « mise en place de haies », peut « limiter le déclin des papillons » et le « non-labour » est « extrêmement favorable à la faune du sol » et donc « aux chauves-souris qui s’en nourrissent ». L’agence préconise en outre un « triplement » du rythme actuel de l’agriculture biologique.

Le rapport ne pointe pas seulement des baisses de populations. La physionomie des grandes cultures encourage l’augmentation des effectifs de chevreuils et de sangliers. Certaines espèces d’oiseaux, comme les pluviers dorés et les vanneaux huppés apprécient le côté « steppique » des vastes plaines. On peut y observer des « bandes de milliers d’individus en hiver », qui comptent « pour une part de la population mondiale ».

Les populations d’oiseaux dits « spécialistes » ont diminué de 44 % entre 2004 et 2017

FC



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