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Vendredi 10 mai 2019

La Chine doublera « probablement » ses importations de porc en 2019


Le doublement des importations chinoises de viande de porc est « probable », pour Élisa Husson, chargée du suivi des marchés à l’Ifip (Institut du porc). Le premier producteur mondial est frappé de plein fouet par la peste porcine africaine (PPA) : au 8 avril, les autorités chinoises avaient rapporté 123 foyers de PPA dans la quasi-totalité du territoire. « La chute du cheptel reproducteur s’accélère », précise l’Ifip. En mars, l’effectif de truies avait perdu 21 % par rapport à mars 2018.

D’après les pouvoirs publics, la production porcine chinoise a déjà perdu 5,2 % au premier trimestre 2019. À moyen terme, l’ampleur de la baisse reste difficile à estimer : elle pourrait se situer dans une fourchette de 10 (USDA) à 35 % (Rabobank). Même dans l’hypothèse la plus optimiste, la Chine passerait symboliquement sous la barre des 50 % de la production mondiale (à 48,5 Mteq). D’après l’USDA, la Chine avait importé 1,56 Mteq de viande de porc en 2018. Cette année, les importations pourraient battre le précédent record de 2016 : elles avaient alors plus que doublé, alors que la production chinoise avait reculé de 4 %. Un surcroît de demande qui « risque de durer plusieurs années, le temps de reconstituer le cheptel reproducteur », prévoit l’Ifip.

Cette crise sanitaire sans précédent tire à la hausse les cours du porc au niveau international. Habituellement, l’Empire du milieu consomme et produit un peu plus de la moitié du marché mondial. D’après le MPB, les prix perçus par les éleveurs français ont progressé de 14,2 % en un an. Un impact sur les prix à la consommation dans l’Hexagone sera « incontournable », prévient Guillaume Roué, le président d’Inaporc. Le 6 mai, le responsable professionnel, accompagné de Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP), a rencontré le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume pour évoquer la situation économique et sanitaire de la filière. Pour le président de l’interprofession, « cette situation inédite demande des mesures exceptionnelles. Les outils industriels auront besoin de souplesse pour ne pas être pris en tenaille. »

Un impact sur les prix à la consommation en France sera « incontournable »

YG



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